Plusieurs phénomènes auront marqué l’année porcine 2007. Le prix qui est resté relativement bas toute l’année, en baisse de 8,59 % au MPB par rapport à 2006, mais aussi par rapport à 2004 et 2005. Ce qui fait dire aux observateurs que le cycle de petites hausses des 3 dernières années a été rompu. Cette situation est identique, voire amplifiée, dans les autres bassins de production de l’Union européenne, de l’ordre de 10 %.
Deuxième aspect, non négligeable, la hausse de la production au sein de l’Union qui revient à son niveau de 1999 pour l’Europe à 15, 210 000 000 de porcs. Cela explique aussi la pression sur les cours. L’analyse des abattages montre des évolutions très différentes selon les pays. Ainsi sur 11 mois,
l’Allemagne affiche une hausse de 7,28 %, les Pays Bas +0,9 %, le Danemark
-3,45 %, Espagne (1er semestre) +6 %, et Uniporc Ouest + 1,23 %. Ce qui traduit une augmentation de la production européenne de 3 % environ. La répartition des abattages ne correspondant pas forcément à la production exacte du pays, compte tenu des transferts pour abattage.
Peu de visibilité
Mais ce qui aura incontestablement marqué cette année 2007, et cela devrait se poursuivre sur 2008, c’est la hausse des coûts de production liés notamment à l’augmentation du prix des matières premières. En moyenne annuelle, le coût de revient avoisine 1,40 euro du kilo, alors que le prix payé n’est que de 1,25. Un différentiel insupportable pour les éleveurs qui annoncent des pertes de l’ordre de 35 euros par porc.
La grande interrogation pour les éleveurs est quels espoirs pour 2008 ? Déjà les principaux intervenants sur les matières premières, et donc les aliments, prévoient des prix élevés pendant plusieurs semaines voire plusieurs mois. Quant aux prix de vente, les premières promotions de la grande distribution jugées trop basses par les syndicalistes, ne laissent guère entrevoir une remontée rapide des prix.
Difficile aussi de cerner l’impact réel des opérations de stockage privé et surtout des restitutions à l’exportation accordées en fin d’années. Elles permettront certainement de préserver la fluidité indispensable, mais auront-elles un réel impact sur le marché permettant de porter les prix à un niveau acceptable pour les éleveurs. Nul ne peut pour le moment se prononcer.
Un contexte plus que délicat donc pour les éleveurs, leurs responsables et toute la filière qui devront cependant trouver des mesures pour ne pas sortir de cette crise complètement exsangues. Et sans doute aussi réfléchir à des dispositifs qui leur permettront lors des prochaines crises, de ne pas se retrouver, comme d’habitude, dans une impasse totale, incapables de proposer des solutions innovantes et pérennes.
Pierre Dénès
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