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Ille et Vilaine (35)
PORC / Cours bas et prix de l'aliment toujours au sommet : Quelles perspectives de sortie de crise ?
 
Le CER France Ille-et-Vilaine organisait, mardi 11 au lycée La lande du Breil de Rennes, une soirée d’information à l’intention des éleveurs de porcs, à laquelle se sont rendues 220 personnes. En préambule du débat, Geneviève de Lansalut, chargée d’études au CER d’Ille-et-Vilaine, a rappelé l'état des lieux actuel : une production porcine prise en tenaille entre des cours du porc bas (en maintien difficile au-dessus de 1,05 euro/kg net depuis la mi-octobre) et des coûts de production qui flambent (+ 50% en un an pour l'aliment). "La demande est dynamique mais, en face, l’offre européenne est abondante. Le prix moyen 2007 devrait s’établir à 1,11 euro/kg net. Avec la plus value, le prix perçu par l’éleveur sera de l’ordre de 1,25 euro", a chiffré Geneviève de Lansalut.
La crise actuelle se démarque de par l'ampleur et la rapidité des dégradations de trésorerie. "Sur l’ensemble de l’année 2007, la perte peut s’estimer à 10 centimes d’euro par kg de carcasse. Elle atteint en moyenne 25 centimes en fin d’année. Si le premier trimestre 2008 est difficile, les trésoreries de près de la moitié des éleveurs du département seront dans le rouge", a indiqué Geneviève de Lansalut, avant de préconiser, à court terme, une mobilisation de ses réserves, un travail sur son prix d'équilibre et une réflexion stratégique (quelle taille d’atelier pour mieux gérer la main-d’œuvre familiale et salariée tout en s’adaptant aux réglementations ? la mutualisation des investissements dans une maternité collective est-elle pertinente ? un atelier de transformation à la ferme peut-il être une alternative intéressante pour les plus petits élevages ? etc.).

Détente en 2008 ?

"Les ateliers naisseurs des Pays de l'Est mais aussi d'Allemagne, des Pays-Bas et d'Espagne, diminuent leur cheptel de truies, ce qui entraîne une augmentation du prix du porcelet depuis la mi-novembre. De plus, à l’automne 2007, des engraisseurs (dans les nouveaux États membres et aussi en Allemagne) ont préféré vendre leurs céréales au plus offrant, privilégiant ainsi la plus-value immédiate à l’hypothétique bénéfice sur la vente future du porc charcutier. Ces éléments auront un impact sur le niveau de production de 2008", avance pour sa part le directeur du MPB Jean-Pierre Joly. "Quant au stockage privé, il pourrait être préjudiciable à la remontée des cours. Sauf si cette viande, remise en marché au printemps 2008, peut bénéficier de restitutions à l’exportation (votées au comité de gestion du 29 novembre 2007). Il faut négocier à Bruxelles une validité des certificats d’exportation jusqu’à la fin du stockage privé pour poursuivre les exports vers les pays tiers et ainsi redynamiser le marché."
Pour Philippe Lecouvey, directeur de l’IFIP, la sortie de crise implique un besoin d’investissement dans tous les maillons de la filière. "À court terme, une hausse du cours du porc ne compensera pas le surcoût du prix des matières premières. Il faudra probablement attendre 2009 pour un réel équilibrage entre la disponibilité des porcs sur le marché européen et une détente sur le prix de l’aliment", diagnostique-t-il. À moyen terme et à l’image du parc bâtiment porcin qui vieillit, c’est donc toute la filière qui devra investir, se structurer et accroître sa valeur ajoutée.
Enfin, côté aval, Philippe Lecouvey regrette le manque d'innovation des industriels ainsi que, trop souvent, un mauvais positionnement de la viande en fond de rayon dans les magasins, sans effort de diversification. Depuis 6 ans, la consommation de viande fraîche est en baisse constante. Le directeur de l'Ifip se veut optimiste : "Cette tendance peut s’inverser en utilisant des techniques de marketing pour des produits différenciés et mieux présentés qui répondent à des attentes multiples des consommateurs".

 

Légende : Sur l’ensemble de l’année 2007, la perte peut s’estimer à 10 centimes d’euro par kg de carcasse. 


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Date de l'article : semaine du N° du 28 Décembre 2007 au 11 Janvier 2008
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Les glaces, délices de la ferme de Patricia et gilles





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