
La finition des animaux maigres permet de gagner 50 kg de carcasse en moyenne". En citant ce chiffre, lors d'une journée départementale sur le thème "Gagner plus par mes produits", la Chambre d'agriculture montre que les gros sous sont faits de plein de petits sous. Et qu'en engraissant ses vaches de réforme, on gagne à la fois sur le poids et l'état des animaux, sur le prix de vente, et donc sur le chèque final.
Engraisser les vaches de réforme
"Dans une conjoncture donnée, les caractéristiques de carcasses interfèrent fortement sur le prix au kilo". Traduction chiffrée : le gain (ou la perte) par classe d'engraissement est de +/-0,15 €/kg de carcasse ; la conformation se traduit par une différence de +/- 0,22 €/classe. Soit 0,37 €/kg entre deux vaches classées P2 et O3. À 300 kg de carcasse, cela fait tout de même 111 euros de différence.
Autre facteur influençant le prix final de la bête : la date de vente. Et ce n'est pas d'aujourd'hui que la saisonnalité des cours est très marquée. Aussi vaut-il mieux vendre ses vaches d'avril à septembre qu'en novembre, décembre, janvier et février.
Reste que la finition des vaches, avec tarissement, ne se justifie pas toujours économiquement. "Pour les vaches en fin de lactation présentant déjà un état d'engraissement presque satisfaisant, le gain de carcasse (une quinzaine de kg) ne permet pas de couvrir les frais d'alimentation et le coût éventuel du traitement au tarissement."
Quant aux finitions à l'herbe ou au maïs ensilage, elles permettent des performances voisines. Par contre, avec des coûts qui vont du simple au double. Le réseau d'élevages Être calcule qu'il en coûte 80 € pour engraisser une vache au maïs (95 jours) et 40 € à l'herbe (101 jours). "L'intérêt économique de la finition à l'auge se mesure à l'écart de prix de vente entre la vache maigre et la vache finie, diminué des coûts alimentaires. Il est en moyenne de 135 €, mais fluctue de 20 à 220 € selon la période de vente. Il est plus limité pour des ventes sur les mois de novembre à janvier, compte tenu de la baisse des cours".
Tous les veaux méritent d'être sauvés
L'autre voie pour accroître le produit viande consiste "à produire le maximum de veaux et à mieux les vendre". La priorité est donc de faire naître des veaux (1 veau par vache et par an ?) et surtout… vivants et qui resteront en bonne santé jusqu'à la vente.
Or, aujourd'hui, le taux de mortalité est un vrai problème dans de nombreux élevages. "70 % de la mortalité des veaux intervient dans les deux premiers jours de vie". Ce qui invite à la vigilance, notamment en surveillant les vêlages, surtout chez les primipares. Un travail à plus long terme peut être de travailler la facilité de vêlage des vaches en choisissant les taureaux indexés favorablement. Sans oublier qu'un veau né vivant mérite d'être choyé : respecter les préconisations de distribution de colostrum et de lait (température et quantité), logement confortable, sans courant d'air.
Comme pour les vaches de réforme, le prix de vente varie en fonction de la saison (+/- 100 €), du sexe (les mâles sont théoriquement plus chers sauf en période de pénurie de femelles), de la race (race mixte = + 80 €), de la conformation et du poids. D'où aussi l'intérêt du croisement industriel pour améliorer la qualité bouchère des animaux que l'on ne souhaite pas garder pour le renouvellement (voir graphique).
Tous ces éléments mis bout à bout débouchent sur un écart de produit veau par vache présente, de plus de 126 € entre le quart inférieur et le quart supérieur. Soit 6 300 € pour un troupeau de 50 vaches laitières. Un chiffre qui fait réfléchir.
D. Le Du
Légende : Petit veau deviendra grand ? Pas si sûr puisque plus d'un veau breton sur 10 est mort-né ou meurt quelques jours après sa naissance. La maîtrise du taux de mortalité est donc une priorité pour améliorer le produit viande de l'élevage laitier.