
Le sursaut de la coupe en semaine 49 et 50 n'aura pas duré. Le froid a refait son apparition en semaine 51, entraînant le ralentissement de la pousse des végétaux et les faibles apports en station. Après avoir frôlé les 6 millions de têtes par semaine début décembre, les volumes sont retombés aux niveaux du mois précédent, autour des 2 millions de têtes par semaine. Les dernières prévisions de récolte annoncent une fin d'année allégée.
Des prévisions revues à la hausse en 2008
"Le retard n'a pas encore été comblé, explique Yvon Auffret, le directeur du Cerafel. Cette saison, les volumes de récolte ont dépassé les prévisions pendant deux semaines seulement. Et l'arrivée du froid risque encore de décaler les apports". Le report de la coupe sur janvier s'affiche de plus en plus clairement. Un report qui, dans ce cas, dépassera les prévisions de récolte du mois de janvier 2008, établies en fonction des plantations des variétés d'hiver (en août). Celles-ci ont baissé de 7 % par rapport à la moyenne des campagnes précédentes, une baisse des surfaces attribuée à une année 2007 peu rémunératrice et à des mauvaises conditions climatiques durant la plantation cet été. Il est possible que certains producteurs aient également eu des craintes quant à une application stricte de l’article 51 (suppression des primes Pac sur les hectares plantés en chou-fleur). Cet article a subi des aménagements et il est maintenant possible de produire des choux-fleurs sur des surfaces donnant droit à primes. Au final, les volumes de la production d'hiver (de janvier à juin) devraient être similaires à ceux de l'année dernière. À condition que le froid ne perdure pas et n'occasionne des dégâts sur les cultures hivernales.
En semaine 51, le froid a provoqué l'arrêt des livraisons à la surgélation. Dans un contexte d'offre faible, les invendus sont (quasi) inexistants et les cours ont progressé en deux semaines de 0,88 euros / tête en gros calibre (1,16 euros/tête en semaine 51 contre 0,275 euros / tête en semaine 49).
Le courant à l'exportation vers la Grande Bretagne, lui, se maintient. Les exportations vers l'Allemagne sont à l'inverse en nette diminution à cause de l'augmentation de leur production. Profitant d'une politique agricole nationale qui leur est favorable et d'un coût de la main-d'œuvre avantageux (4 à 5 euros l'heure contre 12 euros pour le producteur breton), les producteurs allemands semblent pouvoir s'installer durablement sur le marché.
Bertrand Caro
Légende : Dans un contexte d'offre limitée, les cours sont remontés à 1,16 euros par tête en semaine 51.