
Une cinquantaine d'aviculteurs, réunis, à Plérin, par la Chambre d'Agriculture 22 et les syndicats, ont échangé sur des sujets techniques mais également sur la nécessité de re-motiver les éleveurs par une revalorisation des contrats, afin de donner une image plus positive du métier et d'attirer des candidats.
Les dépenses de santé
Cette journée a permis d'aborder les études réalisés en 2007. Après avoir détaillé les résultats de "l'enquête avicole" et de l'étude "Perspectives 2015", Sylvie Conan, conseillère avicole, a analysé l'étude sur les dépenses de santé en volailles de chair. "Notre objectif est de mieux analyser ces dépenses, par la création d'un véritable observatoire sur les pratiques et les coûts". Plus de 400 aviculteurs de 5 régions ont été enquêtés sur 2 ans. "Nous avons examiné les performances des élevages, relevé le détail des factures de dépenses de santé, en prenant en compte les pratiques".
Ce travail a permis de mettre en place une nomenclature de classement des produits en 9 familles, des vaccins jusqu'à la désinfection des bâtiments. "Nous avons établi des références de coûts, par type de produit utilisé et par catégorie de volailles. Chaque éleveur pourra ainsi comparer ses propres données aux références".
Priorité au préventif
On observe de gros écarts. Ainsi, en poulet standard, les dépenses de santé sont en moyenne de 598 euros, par lot, (1 000 m2), les écarts vont de 1 à 6 entre élevages. "Des aviculteurs gèrent leurs lots avec très peu de médicaments, des améliorations sont donc possibles, sans pénaliser les marges PA (Poussin-aliment)", souligne Jean-Noël Sidaner. Il faut essayer, lot par lot, de trouver le bon équilibre entre ces dépenses de santé et l'optimisation des critères techniques.
L'observatoire a également mis en évidence la répartition de ces dépenses. Par exemple en poulet standard, le "préventif hors bâtiment" représente 55 % des frais, (incidence des vaccins) et le "préventif lié à la préparation du bâtiment", 17 %. Globalement, le "préventif" représente donc 72 % des dépenses de santé d'un lot de poulets contre 28 % au curatif. Cette analyse montre les efforts des éleveurs dans la réduction des antibiotiques, utilisés en dernier recours.
Des travaux ont également été conduits sur le type de litière et la conduite pour limiter les dermatites, dans le cadre de la directive bien être. En Pays-de-la-Loire, les essais conduits avec la paille finement broyée n'ont pas donné des résultats probants. D'autres essais seront engagés, en ajoutant une part de copeaux dans la litière. Avec la limite, signalée par plusieurs éleveurs, de la faible disponibilité en copeaux, le marché étant très tendu.
Maîtriser les coûts d'énergie
L'énergie préoccupe également les éleveurs, dans un contexte de hausse continue du prix du gaz. Aujourd'hui, elle ne représente que 3 % du prix de revient du poulet mais, pour un élevage de 2 400 m2, cela représente 14 000 euros par an. Un diagnostic permettra de situer la consommation énergétique à partir d'un nouvel indicateur : l'indice de consommation énergétique qui équivaut au nombre de Kwh nécessaires pour produire une tonne de volailles (vif). Les premières analyses montrent que cet indicateur varie de 1 à 3 selon les élevages.
À partir des références, l'éleveur pourra situer sa consommation énergétique, revoir les améliorations nécessaires pour éviter les pertes de chaleur (isolation, étanchéité, ventilation minimum…), évaluer le potentiel du matériel de chauffage et échanger sur ses pratiques.
Les aviculteurs sont également sensibles à l'utilisation des énergies nouvelles. Des simulations ont été réalisées sur les plaquettes de bois. Les délais de retour sur investissement semblent longs pour des engagements lourds avec des incertitudes sur la longévité des chaudières. "Pourquoi ne pas brûler les fientes ?", demandent quelques éleveurs. Jusqu'à présent, les essais se sont heurtés à la réglementation très lourde sur la composition des fumées, mais le dossier mérite d'être réexaminé.
Patrick Bégos
Se fixer des priorités
L'incidence des investissements réalisés pour économiser du gaz varie d'un équipement à l'autre. Il faut se fixer des priorités en fonction des coûts et de l'impact sur la consommation. Ainsi, revoir l'étanchéité coûte, en moyenne, 600 euros pour 1 000 m2, alors que la réfection d'une isolation de toiture peut s'élever entre 10 000 et 18 000 euros. Se rééquiper en radiants peut coûter de 4 500 à 5 000 euros avec un retour sur investissement moyen de 4 ans. Changer les injecteurs ne coûte pas cher et permet un meilleur fonctionnement des appareils.
Légende : Il existe des marges de progrès dans la gestion des dépenses de santé des volailles et des coûts d'énergie, comme l'ont vu les aviculteurs présents à la réunion.