
Une démonstration de lavage avec un robot a eu lieu le 14 décembre dernier chez Jean Marc Nicolas à Kergrist (56). Le résultat semble probant. Caillebotis, murs, plafonds et auges, la salle d'engraissement est propre après le passage de l'automate. Seule la désinfection reste à effectuer manuellement. Chez Jean-Marc, les engraissements se prêtent à un tel système de lavage. Le couloir central de la salle, de 80 cm de largeur, permet le passage du robot. La profondeur des cases, réparties de chaque côté du couloir, est de 5 mètres. La longueur à ne pas dépasser pour que le bras du robot, de 4,5 mètres, puisse atteindre et laver le mur du fond. Qu'en est-il quand les cases sont plus profondes ? C'est la limite du système. "Nous avons fait des essais avec un bras plus long. Le robot perd sa stabilité. Le travail n'est plus aussi précis et efficace" déplore Philippe Potin, technicien chez RV Biotech, qui commercialise l'appareil.
48 heures d'autonomie
Le robot est utilisé avec une rotabuse travaillant à un débit de 19 litres par minute et une pression de 220 bars. "Le débit est plus faible que celui habituellement utilisé par les éleveurs qui lavent manuellement. La consommation d'eau est inférieure à 1 m3 par heure. Le temps de lavage est plus important mais il n'a plus la même signification". Frédéric Coadour, éleveur utilisateur, intervenu lors du forum Porc Armor sur les conditions de travail, confirme: "Pour laver une salle d'engraissement de 208 places, le robot met douze heures. Il consomme 10 m3 d'eau environ. Le travail est satisfaisant. Il n'est pas nécessaire de faire des finitions manuellement. Les auges sont propres". Un vrai confort pour Frédéric "La salle est vidée l'après midi, lavée pendant la nuit et remplie de nouveau le lendemain. Avant l'acquisition de l'automate, nous étions obligés d'effectuer le travail la nuit". L'appareil a une autonomie de 48 heures. Certains éleveurs demandent un travail plus rapide au robot. Ils sont alors dans l'obligation de faire les finitions de manière conventionnelle et se limitent à un gain de 80% de temps de main d'œuvre.
Consacrer du temps à la programmation
Pour un tel résultat, la prise en main est importante et demande du temps de programmation. "Les premières fois, il faut guider le robot et son bras avec une télécommande. Il mémorise tous les mouvements à effectuer. La fois suivante, il refait, seul, les mêmes mouvements" poursuit Philippe Potin. Toutes les salles de l'élevage doivent être configurées à l'ordinateur, une à une. Frédéric Coadour déclare : "Avec des salles différentes, la programmation est un casse-tête au départ. Il faut être persévérant. Nous avons 6 types de salles d'engraissement et 2 types de salles de maternités. Ça correspond à une centaine d'heures de programmation".
31 000 euros l'automate
Actuellement 13 robots sont en fonctionnement en France dont 5 en Bretagne. Le lavage ne se limite pas aux porcheries. Avec ses 10 mètres d'envergure, il peut également laver les poulaillers, les lapinières ou les étables à veaux. La configuration des salles ou la présence de certains équipements peut être problématique. "A l'avenir, les constructeurs en tiendront compte en faisant les plans des bâtiments" avance Philippe. Dans l'immédiat, il faut faire avec les bâtiments existants. Il faut également amortir l'investissement. 31 000 euros le robot. Le gain de main d'œuvre doit être conséquent pour rentabiliser l'achat d'autant plus que les frais généraux, eau et électricité, augmentent en raison du temps de lavage plus important.
Bernard Laurent
Caractéristiques du matériel
Type de pompes requises :
• Pression : 180 à 230 bars
• Débit : 18 à 20 litres par minute
Robot :
• Largeur : 73 cm • Longueur : 2,10 m
• Hauteur (bras replié) : 1,61 m • Poids : 270 kilos
• 2 batteries de 12 v qualité marine
• Moteurs électriques 24 volts
• Envergure de lavage : 10 m
• Enrouleur automatique pour 50m de tuyau haute pression
• Alarme en cas d'incident
Légende : Une démonstration de lavage avec robot a eu lieu chez Jean Marc Nicolas à Kergrist (56) vendredi 14 décembre.