
En 2006, le nombre de producteurs de plants de pomme de terre était en diminution de 6%, à 337 producteurs. Une baisse que l'augmentation de la surface moyenne par producteur (13,66 ha, + 2,7%) n'a pas compensé. Le marché du plan a, lui, affiché une certaine fermeté : les cotations des variétés du domaine public sont restées à un niveau élevé pendant toute la campagne 2006-2007. "En Bintje, le calibre moyen a été coté de 420 à 460 euros/t, au lieu de 220-280 euros/t l'année précédente" rappelle Emmanuel Guillery, le directeur de Bretagne Plants. En Bretagne, le tonnage net commercialisé par ha accepté atteignait 25 t/ha. Le CER du Finistère a établi une situation moyenne provisoire de ses adhérents pour la campagne 2006/2007. Le produit brut moyen est en progression, en raison de l'amélioration des prix culture (7 950 euros/ha), et la marge nette moyenne remonte nettement (2 260 euros/ha contre 60 euros/ha et -190 euros/ha les saisons précédentes). "Cette conjoncture fait du bien, déclare Jean-Jo Castel du CER 29. En 2005/2006, les résultats financiers avaient permis de couvrir le point d'équilibre sans dégager de trésorerie. En 2006/2007, les résultats sont nettement meilleurs".
Réduction de l'offre et fermeté du marché
Le constat est similaire en 2007. Peu de nouveaux producteurs bretons se sont lancés dans la production de plants. Les surfaces totales ont augmenté légèrement, à 4 652 ha et de 8% par exploitation. En Europe et plus précisément aux Pays-Bas, les plantations de Spunta (principale variété cultivée en Bretagne) sont une nouvelle fois en réduction. Après une diminution de sa surface de 630 ha en 2006, la Spunta a vu sa surface reculer de 525 ha en 2007, pour une surface totale à 4 030 ha. "Cette réduction de l'offre a contribué à la fermeté du marché, qui s'est traduite par des prix en progression de 100 euros/t, et une ouverture de certains pays importateurs vers les gros calibres (60 mm en Tunisie, 65 mm en Egypte), déclare Emmanuel Guillery. Les conditions sont réunies pour que 2007/2008 soit une bonne campagne à l'export".
Comme le rappelle Michel Brard, le responsable de la branche Plants de pommes de terre à Coopagri Bretagne, "le manque de plant est peut-être une situation heureuse mais difficile à gérer". Cette bonne conjoncture ne fera pas oublier la lutte contre le piratage des variétés. En 2006, cette lutte s'est concrétisée par des actions ponctuelles en saisie contrefaçon sur le terrain dans les trois départements de l'Ouest de la Bretagne et dans les trois filières, plants, primeurs et consommation. Ces actions ont eu pour résultat positif un accroissement des achats de plants certifiés, en particulier en Charlotte et Europa. "En 2008, nous maintiendrons la vigilance sur la protection des variétés, poursuit Emmanuel Guillery. Nous renouvellerons des interventions chez les contrefacteurs en Bretagne et dans les autres régions françaises, en coordination avec les obtenteurs français et étrangers".
Bertrand Caro
Légende photo : Emmanuel Guillery, le directeur de Bretagne Plants, a rappelé le besoin de nouveaux producteurs pour la filière du plant de pomme de terre.