
Eleveur de pondeuses à Lauzach (Morbihan), avec 65 000 poules, Roland Burban est président de la section œufs de l'UGVPB, où il a succédé à Jean Quennemet. La section défend les intérêts de la profession dans les dossiers nationaux et européens. C'est le cas de la directive bien être, préoccupation importante des éleveurs. Une directive européenne de 1999 prévoit que les ateliers soient équipés de cages aménagées, à partir de 2003, pour les nouveaux investisseurs , puis en 2012 pour tous les éleveurs.
Reporter l'échéance
Un rapport scientifique intermédiaire aurait dû être publié en 2005. "Il ne l'est toujours pas. Compte tenu de ce retard de 3 ans, nous soutenons les démarches engagées par la profession pour reculer de quelques années, l'échéance de 2012", déclare Roland Burban. En Bretagne, la production en cage est estimée à 16,5 millions de pondeuses pour 450 à 500 producteurs. Seuls, 5 % des effectifs de poules sont aujourd'hui logées dans des cages aménagées et 15 à 20 % dans des cages aménageables (investissements de 2001-2002).
75 % des élevages sont encore équipés de cages non-aménagées (550 cm2). Ils devraient, d'ici 2012, changer entièrement leurs équipements, et pour certains modifier la structure du bâtiment, voire reconstruire. "Techniquement, en 4 ans, c'est impossible, les fournisseurs ne pourraient pas assurer. Les éleveurs devraient faire face à de nouvelles charges alors que certains ont investi depuis moins de 7 ans. La seule solution c'est le report de l'échéance", estime le président. Avec les installations de séchage de fientes, le parc breton demeure compétitif, malgré son vieillissement, mais il sera difficile pour certains éleveurs de réinvestir.
La hausse de l'aliment
"Le contexte prix a été jusqu'à présent favorable mais il ne faut pas oublier la hausse du prix de l'aliment". Factures en main, Roland Burban estime cette hausse à 32 % sur les 11 derniers mois. Ce qui a provoqué la hausse de 18 % du coût de production de l'œuf car l'aliment entre pour 60 à 65 % dans le coût final. La contractualisation a un peu atténué les conséquences, grâce à l'indexation.
Les aides du contrat de plan Etat-Région 2007-2013 pourront financer des investissements dans trois domaines : l'amélioration des protections sanitaires des bâtiments, les investissements liés aux coups de chaleur et l'amélioration des conditions de travail (PB du 30 novembre). Chaque éleveur pourra bénéficier d'un plafond d'aides de 6 000 euros (avec 2 dossiers sur la durée du plan).
Lutte contre les salmonelles
Le plan de lutte contre les salmonelles sera l'autre gros dossier de 2008 avec le nouveau projet d'arrêté qui s'appliquera en février 2008. Les deux sérotypes de salmonelles seront concernés (Se et St), contre un seul actuellement. "Concrètement, l'éleveur devra réaliser 3 contrôles, voire 4 en fonction de la durée du lot", explique Gilles Guillaume. "Le premier sera réalisé à 24 semaines puis un nouveau contrôle aura lieu toutes les 15 semaines. Le dernier sera fait 3 semaines maxi avant la fin du lot pour les poules en cage et 5 semaines en production alternative. Par ailleurs, un contrôle officiel sera réalisé par la DSV chez tous les éleveurs, en cours de lot". A chaque contrôle, un prélèvement de fientes et 3 chiffonnettes serviront à détecter la présence de salmonelles. Pour les troupeaux de plus de 80 000 poules, il est prévu un prélèvement de 500 g d'aliment en sortie de silo, à chaque contrôle.
"Ce nouvel arrêté apporte des contraintes supplémentaires dans les élevages de pondeuses, alors que la salmonelle St n'est pas spécifique de la pondeuse, on peut la retrouver dans d'autres productions", déclare Roland Burban. "Il faudra être encore plus vigilant dans les mouvements à l'intérieur de l'élevage". Car, en cas de positivité, il y a risque de perte de la Charte sanitaire et donc impossibilité de commercialiser l'œuf coquille, d'où une perte financière importante. Avec le bien être, la réglementation sanitaire, l'environnement, les défis ne manqueront pas, en 2008. La profession est bien décidée à les relever.
Patrick Bégos
Légende photo : Roland Burban (à droite) président de la section œufs de l'UGPVB et Gilles Guillaume, animateur.