Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " PRODUCTIONS " | Porcs | Article n°7953 |
Recherchez  dans  Recherchez
Recherche avancéeRecherche avancée
Archives (prochaine parution le 01 juin 2012) Recevoir les articles par mailAlerte email
 
 
Porc : Les conditions de travail, première revendication
 

Beaucoup de salariés quittent l'agriculture pour aller travailler dans d'autres secteurs d'activité" déplore Jo Penhors, élu du collège salariés à la Chambre Régionale d’Agriculture. Pourquoi autant de départs ? Le déficit d'image ne fait pas tout. Une enquête, réalisée auprès des salariés d'élevage de porc, présentée lors du forum organisé par Porc Armor à Loudéac, démontre que les conditions de travail sont souvent à l'origine des mouvements de personnels. Réduire la pénibilité de certaines tâches résonne comme un leitmotiv. Quelques astuces, aussi valables pour l'éleveur que pour le salarié, permettent de faciliter la castration, les lavages ou les déplacements d'animaux. "Installer les porcelets à hauteur d'homme pendant la castration, prétremper les salles tout de suite après le départ des porcs, limiter la pression à 150 bars et augmenter le débit à 40-50 litres par minute, faciliter les déplacements d'animaux en éclairant les lieux de passage". Ces différents paramètres techniques, détaillés par Philippe Le Neveu, vétérinaire, apportent un confort physique. Jo Penhors souligne, quant à lui, l'importance d'effectuer les tâches les plus pénibles à deux, pour un meilleur confort psychologique.

La vaccination, toujours aussi difficile à réaliser

Certains travaux restent pénibles. La pratique de la vaccination a-t-elle fait l'objet de suffisamment de recherches ? "Elle reste le souci principal en terme de condition de travail" affirme un éleveur présent dans la salle. "Nous ne disposons toujours pas de méthodes efficaces pour réduire la pénibilité de cette tâche". Isabelle Coué, éleveur, considère qu'il faut remettre en question les manières de faire. "Tous les gestes sont-ils indispensables et si oui, peut-on les faire différemment ?". La non remise en cause des protocoles existants crée non seulement des surcoûts mais aussi des surcharges de travail. Il est nécessaire, selon elle, de combattre la force de l'habitude. D'une manière générale, il n'y a pas qu'une solution pour améliorer les conditions de travail. "Chaque éleveur a ses solutions sur son propre élevage" affirme Philippe Le Neveu. "Les cages de tri pour certains, le robot de lavage pour d'autres". Les évolutions de conduite peuvent aider à fidéliser le personnel. Gérard Luco, éleveur, est passé à la conduite en cinq bandes. "Le salarié intervient sur tous les postes. Il n'est pas spécialisé. La sensation de routine disparaît".

Le plan d'épargne d'entreprise

Le montant de la rémunération figure, bien entendu, en bonne place des préoccupations des salariés. L'intéressement aux résultats est source de motivation et de fidélisation. Jean Desmet, du Crédit Agricole, évoque la possibilité pour le salarié d'épargner au sein même de l'entreprise grâce au Plan d'épargne d'entreprise. "La mise en place d'un plan d'épargne est possible dès le premier salarié. C'est un moyen, pour l'employeur, de donner un avantage à ses salariés, sans charges patronales". Un excellent vecteur de fidélisation, selon lui.
Les salariés réclament également la reconnaissance et la considération de l'employeur. "L'aspect relationnel est très important" déclare Jo Penhors "Le salarié n'est pas une charge ! Il est une force de l'entreprise". Se sentir impliqué, être consulté lors des réflexions sur l'évolution de l'élevage sont, pour eux, des gages de fidélisation. Une mauvaise communication entre salariés ou avec l'employeur dégrade l'ambiance dans l'entreprise et représente une cause de départ. La formation est considérée comme un point essentiel, tant pour l'exploitant qui doit apprendre à gérer son personnel que pour le salarié qui y voit la possibilité d'évoluer dans sa carrière et d'occuper des postes à responsabilité.

Bernard Laurent

 

Légende photo : Jean Pierre Le Bouetté, président du GIE Porc Armor, qui regroupe l'Armorique, Cofiporc et Porc Ouest, a présidé le forum sur les conditions de travail et la gestion de la main d'œuvre le mardi 11 décembre à Loudéac.


Retour Sommaire
Date de l'article : semaine du N° du 21 au 28 Décembre 2007
Imprimer l'article Imprimer l'article



Les glaces, délices de la ferme de Patricia et gilles





Dossiers Paysan Breton
Chiffres clés de l'agriculture bretonne
Contact
Abonnez-vous à
Paysan Breton
Recherchez une
petite annonce
Déposez une
petite annonce
Déposez une
annonce légale


(+ de 12829 depuis 1997)