
La sélection bovine n'était pas, jusqu'à récemment, un objectif prioritaire au lycée des Saints Anges. Le troupeau d'une trentaine de vaches charolaises avait un niveau moyen, loin des meilleurs élevages de la race. Il y a quelques mois, les responsables de l'exploitation ont décidé de donner une nouvelle orientation à l'atelier viande bovine. "Nous avons décidé d'investir dans la génétique" déclare Patrice Bihoës, responsable de l'élevage. "Cinq jeunes vaches ont été achetées en Loire-Atlantique. Trois d'entre elles sont mères à taureaux". Ces vaches, filles des taureaux d'insémination Genk, Ciel et Jumper, ont remplacé des animaux issus de monte naturelle. "Nous avons utilisé un taureau en saillie naturelle qui s'est révélé détériorateur. Ses filles manquaient de gabarit". La dégradation des résultats a servi de catalyseur. L'élevage a changé de braquet. Les objectifs ont évolué. "Nous voulons montrer aux élèves que le travail de sélection est primordial en viande bovine pour obtenir des résultats. Nous entendons leur démontrer que les index ont une réelle incidence sur les résultats technico-économiques".
Le gène sans cornes
La revalorisation du troupeau a d'autres conséquences. "Nous travaillons désormais en contact étroit avec Génoé pour les conseils d'accouplement. Des embryons seront collectés sur les mères à taureaux". Ces vaches, achetées dans de bons élevages, viennent de véler. Elles étaient pleines de taureaux porteurs du gène "sans cornes". "Nous commençons à travailler sur ce gène" déclare Christian Nicolas, de Génoé. "Nous disposons de trois taureaux possédant cette caractéristique. Certains de leurs veaux seront utilisés dans le schéma de sélection". L'élevage sert de support professionnel pour les éleveurs de viande bovine de la région. L'insémination est désormais la règle en première IA. La période de vélage s'étend d'octobre à mi-janvier. Les veaux mâles sont vendus en broutard. L'alimentation est exclusivement à base d'herbe.
Bernard Laurent
Photo : De droite à gauche: Bernard David, directeur des St Anges, Christian Nicolas, de Génoé et Patrice Bihoës, responsable de l'élevage, ont reçu, sur l'exploitation, des éleveurs adhérents à Bovins croissance, mercredi dernier.