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Morbihan (56)
Porc / Installé depuis 8 ans - Philippe Tanguy dresse un bilan devant de jeunes éleveurs
 
Je ne regrette pas mon installation !" déclare Philippe, rassurant, devant des jeunes récemment installés dans la région de Baud et d'Hennebont. "Le fait de travailler à mon compte était l'une des motivations principales à l'installation". En huit ans, la structure a évolué. De 60 truies naisseur-engraisseur, l'élevage est passé à 160 truies en multiplication. La fabrique a été modernisée. L'automatisation a gagné l'ensemble des bâtiments pour la distribution d'aliments. "Le fait d'avoir des projets de développement ou de modernisation est passionnant". Philippe travaille en Gaec avec sa mère. Les 83 hectares produisent blé, orge et maïs. Tous les aliments sont produits sur place. La distribution se fait en soupe, sauf en maternité où l'aliment est distribué à sec, en doseurs.
Quelques années de salariat au Seremor, après son BTS en production animales, lui avaient permis de d'affiner sa réflexion sur son projet d'installation. "J'ai travaillé dans divers élevages et j'ai pu mesurer la pertinence de certains équipements. Quand je me suis installé, je savais exactement ce que je souhaitais pour avoir de bonnes conditions de travail en maternité ou en gestante, par exemple". Les résultats techniques ont suivi. "C'était mon cheval de bataille au départ. J'avais conscience que si les résultats étaient bons, le remboursement des annuités se ferait sans trop de soucis". Il ne regrette pas ses choix. "J'avoue prendre mon temps pour décider. Je confronte mon avis avec celui de mes parents. Certains investissements durent toute une carrière".

La satisfaction d'être éleveur multiplicateur

L'orientation vers la multiplication se révèle satisfaisante. 1100 cochettes Naïma sont vendues à des éleveurs de son groupement. L'éleveur se réjouit de ne pas avoir l'abattoir pour seul client. "C'est un métier de servir les autres. Il faut faire attention à la qualité des animaux livrés. J'en retire de la satisfaction". La prime génétique, à la cochette vendue, permet de lisser les cours. Le maintien d'un bon niveau sanitaire de l'élevage est une priorité. Le secteur géographique s'y prête. La densité d'élevages de porcs y est faible.
Philippe se dit animalier. Les cultures ne sont pas vraiment sa “tasse de thé”. "Mon père me donne un coup de main pour les travaux des champs. Quand il ne voudra, ou ne pourra plus le faire, j'espère que notre Cuma sera intégrale". Pour l'instant, ce n'est pas le cas. Le matériel utilisé, hormis le tracteur et la charrue, appartient à la Cuma. Les travaux sont effectués par l'exploitant.

Des projets à moyen terme

Les projets, source de motivation pour l'éleveur, ne manquent pas. Certains sont choisis, d'autres, subis. "Je vends actuellement quelques laitons à 8 kilos. J'envisage, à moyen terme, la construction d'un engraissement de 300 places pour tout élever". La surface de l'exploitation est suffisante pour gérer les effluents de l'élevage. En cas d'agrandissement, quelques hectares de plan d'épandage, chez des voisins, seront nécessaires. La mise en groupe des truies ne le réjouit pas. Son choix devrait se porter sur la conduite en petits lots de quatre à cinq truies, en réfectoire ou en bat-flancs.
Le départ en  retraite prochain de sa mère constituera une nouvelle étape dans sa carrière. L'embauche d'un salarié est envisagée. Un travail dans l'élevage ou au niveau des cultures ? "La question n'est pas tranchée. Ça dépendra aussi de l'évolution de la Cuma. Il me semble que la gestion d'un porcher est plus aisée". De quoi s'occuper l'esprit dans les prochains mois.

Bernard Laurent

Photo : Dans le bureau de l'élevage, Philippe explique l'automatisation de la fabrique et de la distribution d'aliments à des éleveurs, pour la plupart, producteurs laitiers. Des visites de ce type seront organisées sur tout le département par le CRDA. 


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Date de l'article : semaine du N° du 14 au 21 Décembre 2007
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