
L’année 2007 se caractérise par une nouvelle augmentation des charges en aviculture: coût alimentaire, énergie. La qualité des litières suite à une mauvaise récolte de paille fait par ailleurs craindre de moins bons résultats techniques. D’autant que si la dernière période a été un peu moins défavorable, cela est surtout dû à une baisse de charges variables. Ainsi, un hiver 2006/2007 plus doux a contribué à contenir les dépenses d’énergie. « Cependant explique Sébastien Prin, directeur de la FDSEA, sur une dizaine d’années, les marges n’ont cessé de s’éroder. Le solde disponible est passé de 14 euros par m2 au début des années 2000 à moins de 8 euros par m2 aujourd’hui ».
Dans ces conditions la capacité financière des éleveurs n’est plus suffisante pour réinvestir. FDSEA et Jeunes Agriculteurs veulent donc pousser le dossier de la revalorisation des contrats qui traîne depuis plusieurs mois. Concrètement ils réclament une revalorisation de 37 euros de la tonne pour le poulet de chair et de 55 euros pour la dinde. En précisant qu’une telle revalorisation n’aurait qu’une incidence minime au niveau du consommateur : moins de 10 centimes d’euro pour un poulet de 1kg5 et moins d’un centime pour une escalope de dinde de 120 grammes.
Accentuer la pression
« Il s’agit, selon Pierre-Yves Lozahic, responsable avicole de la FDSEA, de redonner des perspectives aux éleveurs. Il n’y a plus de visibilité pour encourager la rénovation du parc bâtiments et encore moins se lancer dans des projets de poulaillers neufs ». Yann Loyer, responsable Jeunes Agriculteurs, rajoute que « des éleveurs découragent leurs enfants à s’engager dans les filières avicoles faute de garanties suffisantes ».
Les responsables veulent aussi inciter les éleveurs à se montrer plus incisifs et à être déterminés. « Quelques indices nous conduisent à penser que c’est le moment d’accentuer la pression. Les industriels craignent de manquer de marchandises pour les prochains mois ». Un signe positif avec cependant quelques craintes : « Ils précipitent les chargements au risque de voir la qualité des résultats techniques se détériorer après des vides sanitaires trop courts ». Les responsables invitent à revenir à plus de sérénité dans les débats sur la contractualisation. « Cela passe par une plus juste rémunération».
Pierre Dénès
Légende photo : Pierre-Yves Lozahic et Yann Loyer, responsables avicoles de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs.