
Avec une croissance de 3 % par an sur les dix dernières années, la production mondiale d'oeufs montre un certain dynamisme au niveau mondial. Comme dans d'autres domaines, c'est la Chine qui assure principalement cette croissance. Elle produit en effet 25 millions de t. d'œufs (40 % de la production mondiale avec une croissance de 4,7 % par an).
21 % du cheptel en "alternatif"
"En Europe (6,2 millions de t.), la production s'est stabilisée, elle amorce même un léger déclin (-1,2 % en 2006). Un recul identique est envisagé pour 2007", explique Pascale Magdelaine, de l'Itavi. "La production française montre la même tendance (-10 % sur les 7 dernières années)". L'année 2008 pourrait même se traduire par une hausse très modérée de la production, compte tenu des mises en place de poulettes.
La production européenne se distingue par sa segmentation. "Dans l'UE, on comptabilise, en effet, 67 millions de poules en système alternatif (plein air, sol, label, bio…), soit 21 % du cheptel avec une grande hétérogénéité d'un pays à l'autre", poursuit P. Magdelaine. En Espagne, 97 % des poules sont en cages alors qu'en Suède, ce taux est de 38 %, seulement. Aux Pays-Bas et au Danemark, les deux systèmes se répartissent moitié-moitié. En France, les poules en cages restent largement majoritaires : 81 % contre 19 % pour les poules en système alternatif.
Progression des ovoproduits
Le marché européen a également tendance à se segmenter de plus en plus au profit des ovoproduits. En incluant les produits cuits, les ovoproduits représentent en effet 36 % de la production française d'œufs et leur part ne cesse de progresser.
Le contexte économique est bon pour la filière avec des cours en hausse. Par rapport à la moyenne des 4 dernières années (2002-2006), les cours des œufs sont en hausse de 18 % sur les 43 premières semaines de 2007, en France. "La poursuite de ce contexte favorable est nécessaire car la filière doit aussi faire face à une hausse des matières premières alimentaires. Cette hausse entraîne une progression des coûts de production : + 20 % pour les poulettes et + 23 à 28 % pour les œufs, selon le système".
Cette hausse des coûts de production va durer d'où la nécessité d'envisager une progression des prix de vente consommateur pour répercuter le coût des matières premières. L'impact serait à priori faible sur le prix des œufs.
Autosuffisance européenne
L'Union européenne est autosuffisante à 102 % en œufs. En France, on note un déficit en oeufs coquille qui se creuse (25 millions d'euros). Par contre, il y a un excédent en ovoproduit de l'ordre de 40 millions d'euros. Ces tendances lourdes se confirment sur 2008.
La consommation française se stabilise autour de 250 œufs par personne et par an, avec un bon tiers sous forme d'ovoproduits. C'est sur ce créneau de l'ovoproduit, qu'il peut y avoir, à l'avenir, une concurrence de la part des pays tiers. L'Union européenne développe en effet ses achats extérieurs de poudre d'œuf (+ 37 % dans le premier semestre 2007). L'Inde est le premier fournisseur, c'est un redoutable concurrent en terme de prix de revient.
Patrick Bégos
Légende photo : Le prix de revient de l'œuf a augmenté de 25 %, suite à la forte hausse des prix des matières premières.