
Repérer les meilleurs taureaux à partir de leur génotype (patrimoine génétique). Ce n'est plus de la fiction. Dans quelques années, c'est la voie qu'utiliseront les unités de sélection pour choisir les taureaux d'insémination. Avec dès la mi-2008, le lancement du deuxième programme de sélection assistée par marqueurs. Un programme nommé Sam 2.
L'accès au monde de l'élevage de cette nouvelle technologie augure "de profonds changements pour la sélection des bovins dans les années à venir", assure Sébastien Fritz, chercheur à l'Inra. L'Inra partenaire avec Labogena (laboratoire qui réalise des génotypes) et l'Unceia (Union qui regroupe les centres d'insémination français) d'un programme d'accès au génome pour l'indexation.
Élargir la base de sélection
Pour faire simple, disons qu'aujourd'hui la génétique bovine hérite des recherches effectuées en médecine humaine. Des avancées scientifiques qui autorisent de cartographier le génotype des bovins. "Le génotypage des veaux en ferme permettra de présélectionner les futurs reproducteurs. Ce qui permettra de gagner en efficacité", explique le chercheur de l'Inra.
Déjà, depuis 2001, le premier programme de sélection assistée par marqueurs (Sam 1) a permis de réduire la capacité de testage de 15 %. "Tout cela sans diminuer le progrès génétique validé par le testage".
Le génotypage d'un veau permettra de valider ses index avec un CD de 0,6 à 0,7. Tout cela pour un coût de 200 euros sans commune mesure avec les coûts actuels du testage. "Les Hollandais ont déjà fait le pari de la génomique. La France va comparer les résultats obtenus avec cette technique aux données réelles", indique S. Fritz. Le chercheur insiste néanmoins sur le fait que, "moins on fera de sélection sur descendance, plus il faudra une grande base de sélection car la précision du génotype sera moindre".
Enfin, gageons que ces technologies du futur feront encore des pas de géant dans les décennies à venir. "À terme, on pourrait repérer les gènes de la fertilité", cite le chercheur. Rien que ça ! Metellus, star finistérienne de la monte publique en 1840, en retournerait sa carcasse à l'idée des progrès parcourus par la sélection bovine en un siècle et demi…
Didier Le Du
Légende photo : Sébastien Fritz, chercheur à l'Inra de Jouy-en-Josas, a présenté les perspectives offertes par la génomique.