
Il n'y a pas trente-six solutions. La solution pour sortir de cette impasse, toutes les études montrant que la tendance haussière du prix des matières premières continuera dans les prochaines années, c'est le développement durable." À l'assemblée générale de Coop de Broons, vendredi 30, Jean-Pierre Tillon, directeur scientifique de l'Union Invivo, va droit au but : "il faut se mettre au travail, et sans attendre". Le conseil vaut pour la coopérative, mais aussi pour l'exploitation.
En trois temps
Et Jean-Pierre Tillon de poursuivre sur la voie à suivre, qui se résume en trois verbes : le premier est "économiser", quand on sait que par exemple, le poste engrais représente 39 % des dépenses en énergie d'une exploitation. Les économies à l'échelle de l'exploitation pourraient également passer par des choix différents de matières premières, certaines d'entre elles (pois, féverole) présentant un meilleur écobilan que d'autres. Le second verbe est "minorer les impacts sur l'environnement". "La coopérative va devoir combiner plusieurs types de productions et de producteurs (certains s'axeront sur les pâtures, d'autres le blé, etc.) pour qu'à l'échelle de son territoire, elle ait un bilan équilibré", explicite Jean-Pierre Tillon. Le troisième verbe est "fournir des biens et services environnementaux". Et de citer l'exemple de la filière biocarburants, qui ne garde son efficacité qu'à condition que le tourteau de colza issu du diester soit également utilisé localement et non à des milliers de km.
Nouveaux modes de gouvernance
Dans tous les cas, le spécialiste insiste sur l'importance de ne pas opposer les modes de production (biologique, conventionnel) puisqu'ils sont complémentaires. Les pistes de progrès qu'il prône peuvent, au final, se résumer ainsi : continuer d'accroître la compétitivité des filières, renouveler le contenu des métiers, apporter des contributions positives aux préoccupations environnementales et sociétales et inscrire la gouvernance territoriale dans la vie de la coopérative.
Anne-Laure Lussou
Coop de Broons maintient ses résultats
La coopérative a réalisé, sur la campagne 2006-2007, un chiffre d'affaires de 88,7 millions d'euros, soit 4 % de plus que l'année précédente. L'activité porcine dégage la part la plus importante de ce chiffre d'affaires (36,5 %), suivie de près par l'alimentation du bétail (34,9 %). Le volume de collecte de céréales a enregistré une baisse de 18 % tandis que la collecte de maïs grain s'est soldée par un + 7,5 % en tonnage. À noter l'implantation d'un 20ème centre de collecte cette année, à Plélo. Côté nutrition, l'activité aliment a progressé de 5,7 %, avec 168 000 tonnes commercialisées sur l'exercice. Hausse particulière en aliments volailles (+ 62 %), aidée par un + 41 % en aliment pondeuse. La filiale pâtisseries SA Delmotte a pour sa part enregistré une progression de 20 % de chiffre d'affaires, et la filiale SA 3 Abers une hausse de 30 %.
Légende : Pierrick Massé, directeur général, Gilles Berhault, vice-président et René Loret, président de Coop de Broons lors de la présentation des résultats.