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Les ateliers de
post-sevrage et d'engraissement sont souvent les parents pauvres des
élevages de porcs en matière d'application des recommandations techniques
de base", constate Brigitte Landrain qui, avec les EDE et Chambres
d'agriculture de Bretagne, a mené une enquête sur les pratiques des
meilleurs éleveurs (1).
RÈGLES TECHNIQUES
FONDAMENTALES
\Par meilleurs éleveurs,
B. Landrain désigne un échantillon de 39 élevages qui affichent des
indices standardisés inférieurs à 2,5 et un taux de pertes inférieur à
4,5%. A ce premier groupe s'ajoute un second de 19 éleveurs qui répond au
premier critère de 105 kg à moins de 170 jours d'âge, mais dont l'indice
sevrage-vente est supérieur à 2,63 et le taux de pertes inférieur à 8 %.
"Ce que l'on observe,
poursuit l'ingénieur de l'EDE-Chambre d'agriculture, c'est qu'il n'y
a pas de recette miracle pour parvenir à ces résultats. Par contre,
l'ensemble de ces élevages cumule plein de petits critères, appliqués
avec rigueur, et qui mis bout à bout permettent de tendre vers les
performances précitées".\x0D\x0AMais quels sont ces "détails" qui ont tant
d'importance? "D'abord, il faut respecter les règles techniques
fondamentales", insiste Brigitte Landrain qui cite les postes clé:
sanitaire, alimentation, bâtiments.
PROPRE, CHAUD ET SEC
Chez les meilleurs
éleveurs, l'introduction des porcelets en post-sevrage se fait en salle
chauffée et sur sol sec. "A la sortie de la bande précédente, toutes les
salles sont trempées, lavées et désinfectées. Le vide sanitaire dure 9
jours en moyenne", détaille-t-elle en analysant les résultats de
l'enquête.
A l'entrée des animaux,
il fait 25°C en moyenne, en température ressentie, voire plus de 26°C chez
plus de la moitié des éleveurs. Seuls les post-sevrages sur paille se
dispensent de chauffage et se permettent des températures inférieures à
15°C. "La plupart des autres éleveurs placent des lampes ou des radiants
dans les cases de post-sevrage", complète B. Landrain. Sur l'ensemble de
la période, la bonne maîtrise de l'ambiance autorise de bonnes
performances techniques tout en limitant les pertes.\x0D\x0ASi la moyenne
de taille des cases s'établit à 25 porcelets, les extrêmes vont de 12 à
80 porcelets. Un tiers des éleveurs enquêtés se contente de 12-15
porcelets par case. En règle générale, les éleveurs respectent la norme de
100 kg/m2 et une minorité pratique le dédoublement en cours de
post-sevrage.
TRANSITION RESPECTÉE
Sur le plan alimentaire,
cet échantillon de bons éleveurs applique un traitement préventif en début
de post-sevrage en distribuant un aliment 1er âge médicamenteux. En cas de
problèmes sanitaires, la supplémentation de l'aliment et les injections
au cas par cas sont les traitements les plus utilisés.\x0D\x0ADeux tiers
des éleveurs distribuent deux aliments en post-sevrage : un premier âge,
dosant 3 540 Kcal/kg d'énergie digestible (ED), 20,2% de MAT, et un
deuxième âge contenant 3 528 Kcal d'ED et 18,3% de MAT. Pour favoriser la
transition, un tiers des enquêtés commence à distribuer un aliment
engraissement en fin de post-sevrage.
Durant la phase de
post-sevrage, les porcelets consomment en moyenne 39 kg d'aliment dont un
peu plus de 6 kg de 1er âge. Dans la majorité des cas, une transition
d'environ 5 jours est assurée entre les deux aliments. Quel que soit
l'élevage, les porcelets sont toujours nourris à volonté, le plus souvent
en nourrisseurs. Quant à la distribution, elle reste le plus souvent
manuelle. Quelques éleveurs maintiennent plusieurs distributions
quotidiennes. En matière d'abreuvement, presque deux tiers des éleveurs
ont installé un point d'eau pour 10 à 16 porcelets.
DES PETITES
CASES
La réussite de
l'engraissement tient à une bonne maîtrise de l'ambiance dans les
salles, observable entre autres par un faible taux de cannibalisme. De
même qu'en post-sevrage, le nettoyage-désinfection est une règle de base
pour 97% des éleveurs enquêtés. "La moyenne de vide sanitaire se situe à 6
jours mais presque 40% optent pour plus d'une semaine de vide", commente
Brigitte Landrain. Comme en post-sevrage, les éleveurs insistent sur la
nécessité d'introduire les porcs lorsque le sol est sec. Mais
généralement, ils n'utilisent pas de système de chauffage, sauf
quelques-uns qui ont recours à un aérotherme.
Chez les bons éleveurs,
comme on les appelle, les cases sont de petite dimension: 15 porcs en
moyenne. 87% des porcs disposent d'un espace vital de 0,60 m2. La moitié
des élevages allote les porcs uniquement par poids. La plupart du temps,
les éleveurs du groupe étudié séparent les animaux gravement malades.
L'infirmerie, quand elle existe, est alors fortement appréciée.
SEC OU SOUPE À ÉGALITÉ
Sur le plan alimentaire,
les meilleurs élevages utilisent un seul aliment en engraissement.
Celui-ci affiche environ 3 260 Kcal d'ED, 17% de MAT et 10 g de lysine.
"Parmi les éleveurs enquêtés, il y en avait autant en sec qu'en soupe",
constate l'ingénieur porc avant de rappeler quelques conseils de base:
"En sec, la surveillance des auges et le réglage sont importants. En
soupe, les meilleurs se situent à 2,45 kg/j ce qui correspond à 10% de
modulation par rapport à la ration de base prévue par le plan
d'alimentation".
En considérant les
résultats des meilleurs éleveurs, on s'aperçoit que la croissance en
engraissement ne dépend, ni du poids à l'entrée en engraissement, ni de
la croissance en post-sevrage, mais augmente significativement avec la
consommation d'aliment. Il en est de même pour l'IC, ce qui signifie
qu'au-delà d'une certaine consommation, l'efficacité alimentaire est
réduite. Enfin, les aliments les plus chers abaissent l'IC mais
n'influencent pas le coût du kg de croît. La consommation d'aliment
n'agit pas non plus sur le pourcentage de muscle mais augmente très
légèrement l'épaisseur de lard.
(1) étude "Pratique des
meilleurs éleveurs", réalisée par les EDE-Chambres d'agriculture de
Bretagne en collaboration avec les groupements de producteurs, les
fabricants d'aliments et l'ITP. Décembre 96.
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