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Sommaire | " DOSSIERS " | Porcs | Article n°79 |
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Objectif performances
 

Carburer en post-sevrage et en engraissement
Pas de recette miracle, mais une addition de détails

Ah! Les indices sevrage-vente inférieurs à 2,5, les 105 kg atteints avant 170 jours d'âge, les taux de perte au ras des pâquerettes! "Ce n'est pas pour moi!". Assurément si, maintient Brigitte Landrain, ingénieur à l'EDE-Chambre d'agriculture du Finistère. Explications.

Les ateliers de post-sevrage et d'engraissement sont souvent les parents pauvres des élevages de porcs en matière d'application des recommandations techniques de base", constate Brigitte Landrain qui, avec les EDE et Chambres d'agriculture de Bretagne, a mené une enquête sur les pratiques des meilleurs éleveurs (1).

RÈGLES TECHNIQUES FONDAMENTALES

\Par meilleurs éleveurs, B. Landrain désigne un échantillon de 39 élevages qui affichent des indices standardisés inférieurs à 2,5 et un taux de pertes inférieur à 4,5%. A ce premier groupe s'ajoute un second de 19 éleveurs qui répond au premier critère de 105 kg à moins de 170 jours d'âge, mais dont l'indice sevrage-vente est supérieur à 2,63 et le taux de pertes inférieur à 8 %.

"Ce que l'on observe, poursuit l'ingénieur de l'EDE-Chambre d'agriculture, c'est qu'il n'y a pas de recette miracle pour parvenir à ces résultats. Par contre, l'ensemble de ces élevages cumule plein de petits critères, appliqués avec rigueur, et qui mis bout à bout permettent de tendre vers les performances précitées".\x0D\x0AMais quels sont ces "détails" qui ont tant d'importance? "D'abord, il faut respecter les règles techniques fondamentales", insiste Brigitte Landrain qui cite les postes clé: sanitaire, alimentation, bâtiments.

PROPRE, CHAUD ET SEC

Chez les meilleurs éleveurs, l'introduction des porcelets en post-sevrage se fait en salle chauffée et sur sol sec. "A la sortie de la bande précédente, toutes les salles sont trempées, lavées et désinfectées. Le vide sanitaire dure 9 jours en moyenne", détaille-t-elle en analysant les résultats de l'enquête.

A l'entrée des animaux, il fait 25°C en moyenne, en température ressentie, voire plus de 26°C chez plus de la moitié des éleveurs. Seuls les post-sevrages sur paille se dispensent de chauffage et se permettent des températures inférieures à 15°C. "La plupart des autres éleveurs placent des lampes ou des radiants dans les cases de post-sevrage", complète B. Landrain. Sur l'ensemble de la période, la bonne maîtrise de l'ambiance autorise de bonnes performances techniques tout en limitant les pertes.\x0D\x0ASi la moyenne de taille des cases s'établit à 25 porcelets, les extrêmes vont de 12 à 80 porcelets. Un tiers des éleveurs enquêtés se contente de 12-15 porcelets par case. En règle générale, les éleveurs respectent la norme de 100 kg/m2 et une minorité pratique le dédoublement en cours de post-sevrage.

TRANSITION RESPECTÉE

Sur le plan alimentaire, cet échantillon de bons éleveurs applique un traitement préventif en début de post-sevrage en distribuant un aliment 1er âge médicamenteux. En cas de problèmes sanitaires, la supplémentation de l'aliment et les injections au cas par cas sont les traitements les plus utilisés.\x0D\x0ADeux tiers des éleveurs distribuent deux aliments en post-sevrage : un premier âge, dosant 3 540 Kcal/kg d'énergie digestible (ED), 20,2% de MAT, et un deuxième âge contenant 3 528 Kcal d'ED et 18,3% de MAT. Pour favoriser la transition, un tiers des enquêtés commence à distribuer un aliment engraissement en fin de post-sevrage.

Durant la phase de post-sevrage, les porcelets consomment en moyenne 39 kg d'aliment dont un peu plus de 6 kg de 1er âge. Dans la majorité des cas, une transition d'environ 5 jours est assurée entre les deux aliments. Quel que soit l'élevage, les porcelets sont toujours nourris à volonté, le plus souvent en nourrisseurs. Quant à la distribution, elle reste le plus souvent manuelle. Quelques éleveurs maintiennent plusieurs distributions quotidiennes. En matière d'abreuvement, presque deux tiers des éleveurs ont installé un point d'eau pour 10 à 16 porcelets.

DES PETITES CASES

La réussite de l'engraissement tient à une bonne maîtrise de l'ambiance dans les salles, observable entre autres par un faible taux de cannibalisme. De même qu'en post-sevrage, le nettoyage-désinfection est une règle de base pour 97% des éleveurs enquêtés. "La moyenne de vide sanitaire se situe à 6 jours mais presque 40% optent pour plus d'une semaine de vide", commente Brigitte Landrain. Comme en post-sevrage, les éleveurs insistent sur la nécessité d'introduire les porcs lorsque le sol est sec. Mais généralement, ils n'utilisent pas de système de chauffage, sauf quelques-uns qui ont recours à un aérotherme.

Chez les bons éleveurs, comme on les appelle, les cases sont de petite dimension: 15 porcs en moyenne. 87% des porcs disposent d'un espace vital de 0,60 m2. La moitié des élevages allote les porcs uniquement par poids. La plupart du temps, les éleveurs du groupe étudié séparent les animaux gravement malades. L'infirmerie, quand elle existe, est alors fortement appréciée.

SEC OU SOUPE À ÉGALITÉ

Sur le plan alimentaire, les meilleurs élevages utilisent un seul aliment en engraissement. Celui-ci affiche environ 3 260 Kcal d'ED, 17% de MAT et 10 g de lysine. "Parmi les éleveurs enquêtés, il y en avait autant en sec qu'en soupe", constate l'ingénieur porc avant de rappeler quelques conseils de base: "En sec, la surveillance des auges et le réglage sont importants. En soupe, les meilleurs se situent à 2,45 kg/j ce qui correspond à 10% de modulation par rapport à la ration de base prévue par le plan d'alimentation".

En considérant les résultats des meilleurs éleveurs, on s'aperçoit que la croissance en engraissement ne dépend, ni du poids à l'entrée en engraissement, ni de la croissance en post-sevrage, mais augmente significativement avec la consommation d'aliment. Il en est de même pour l'IC, ce qui signifie qu'au-delà d'une certaine consommation, l'efficacité alimentaire est réduite. Enfin, les aliments les plus chers abaissent l'IC mais n'influencent pas le coût du kg de croît. La consommation d'aliment n'agit pas non plus sur le pourcentage de muscle mais augmente très légèrement l'épaisseur de lard.

(1) étude "Pratique des meilleurs éleveurs", réalisée par les EDE-Chambres d'agriculture de Bretagne en collaboration avec les groupements de producteurs, les fabricants d'aliments et l'ITP. Décembre 96.

Didier Le Du


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Date de l'article : semaine du N° du 10 au 17 Avril 1998
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