
Nous vendons 10 000 tonnes de granulés par an pour un marché national de 150 000 tonnes » déclare Catherine Guillou, ingénieur, chargée du développement commercial de l'entreprise. « Nous comptons plusieurs éleveurs de veaux, de porcs ou de volailles dans notre clientèle. Ils sont équipés de chaudières à bois pour chauffer leurs bâtiments d'élevage ». Depuis deux ans, la société Socofag travaille sur la valorisation des matières végétales à vocation énergétique. Les granulés sont le résultat de cette recherche.
45% d'économie par rapport au gaz
« La qualité des granulés est standardisée. Le pouvoir calorifique est stable, au-dessus de 4 800 kwh par tonne. Deux tonnes équivalent, en énergie, à 1 000 litres de fioul ». Le granulé présente les avantages du bois brut sans en avoir les inconvénients. « Comme le bois standard, il est économique. Le chauffage aux granulés représente 45% de dépenses en moins qu'un chauffage au gaz ». La densité du produit facilite les livraisons et le stockage. « Les livraisons peuvent se faire en camion souffleur, à vis ou à benne. Les granulés sont concentrés. Ils prennent quatre fois moins de volume que les autres combustibles bois ». Le produit final est fabriqué à partir de sciures sèches de menuiseries bretonnes. Cette matière première est naturelle et provient de bois écorcé « d'où un taux de cendres très bas, inférieur à 1,5% ».
Une ancienne usine d'aliments
Les granulés de bois sont élaborés dans une ancienne usine de fabrication d'aliments, dans la zone industrielle de Pontivy. « Nous avons reconverti l'outil industriel et nous l'avons adapté à la fabrication de granulés ». Le process de production ressemble à s'y méprendre à celui d'une fabrique d'aliments. La sciure de bois de conifères, la plus performante selon Catherine Guillou, est livrée par camion et déversée dans une fosse de réception. Elle est acheminée par vis dans l'usine et broyée avant concassage. Le produit final, en granulé, est conditionné en sacs de 25 kilos pour les particuliers ou stocké en silo avant la livraison à la clientèle professionnelle. « Nous contrôlons la qualité de la sciure livrée et du produit final. Nous conservons des échantillons de chaque lot fabriqué ». La clientèle professionnelle est constituée d'agriculteurs, de collectivités, de grandes surfaces et bientôt, de sites industriels. Le prix des granulés livrés est fonction des quantités annuelles et du nombre de livraisons. Il est fixé par contrat annuel. Les livraisons peuvent se faire en camions de 5 à 26 tonnes.
Concernant l'approvisionnement en sciures, Catherine Guillou ne se fait pas de soucis. « Nous avons prospecté les menuiseries de la région. La source est importante ». Les sciures de menuiseries sont plus intéressantes que celles de scieries car elles sont sèches. « Nous nous équiperons peut-être, selon le développement du marché, d'un séchoir pour incorporer les sciures de scieries. Pour l'instant ce n'est pas nécessaire ». Les bois de taillis sont proscrits en raison de la présence d'écorces. La capacité de l'usine permettrait de produire 30 000 tonnes de granulés, trois fois plus qu'actuellement. Le marché peut donc se développer.
Bernard Laurent
Légende photo : Jean Pierre Gauthier, directeur de la Socofag et Catherine Guillou, ingénieur recherche et développement.