
U ne délégation de responsables des sections porcs et aviculture de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs ont rencontré Michel-Edouard Leclerc, jeudi soir à l’aéroport de Trémuson. Le patron du groupe des Centres Leclerc effectuait une visite éclair en Côtes d’Armor, dans le cadre de l’inauguration d’une nouvelle enseigne du groupe à Pléneuf-Val-André.
Haro sur la loi Galland
Un débat courtois s’est engagé avec les responsables professionnels qui voulaient lui faire prendre conscience de la situation dramatique des éleveurs confrontés à une crise grave. Détendu, l’homme d’affaires après avoir écouté les éleveurs, a d’abord déclaré « Ne croyez pas que nous ne puissions pas comprendre vos problèmes ». Prêt au dialogue, il s’est montré plutôt réservé sur l’estampille VPF (viande de porc française), dont il doute de l’efficacité réelle vis-à-vis des consommateurs.
Par contre beaucoup plus ouvert sur la demande des producteurs pour ne pas effectuer des promotions trop agressives, ou encore pour voir comment éviter des prix dits de fonds de rayons dissuasifs pour les consommateurs. Rappelant toutefois que la distribution évolue dans un secteur concurrentiel qui ne permet pas d’être déconnecté de ce que font les autres enseignes.
Il est aussi revenu sur son leitmotiv d’une abolition de la loi Galland, ne comprenant pas la position de la FNSEA. « Cette loi nous empêche de vendre moins cher des produits industriels et des services ». Il argumente en s’appuyant sur le fait que le pouvoir d’achat des ménages ne va pas exploser. Dès lors il considère que seule une baisse des prix industriels et des services peut permettre une hausse des prix alimentaires et donc des prix agricoles. Les éleveurs sont restés assez dubitatifs sur cette argumentation. Cette rencontre aura au moins eu le mérite de le sensibiliser aux difficultés des éleveurs de porc, de volailles, mais aussi de lapins ; « sans doute les plus menacés à court terme », concluent les responsables.
Pierre Dénès
Légende photo : Michel-Edouard Leclerc attentif face à la délégation des responsables de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs. A droite Hervé Aubée, dirigeant de l’abattoir de Kerméné.