
Les marchés agricoles vont rester volatiles et dynamiques, mais à l’inverse de cette année où les prix grimpent presque tous les jours, c’est un marché beaucoup plus équilibré qui devrait se mettre en place à partir de la mi-2008 », explique Dan Basse, président de AgResource, société d’analyses de marché basée à Chicago. Les prix ne devraient donc pas poursuivre leur ascension. Après le choc qu’ont constitué en 2007 la baisse de la récolte et des stocks mondiaux dans un contexte de forte demande, un nouvel équilibre se met en place doucement. La hausse mondiale des surfaces cultivées pour la récolte 2008 est une des premières étapes. Conséquence de l’envol des prix des matières premières et de l’abandon des 10 % de jachère obligatoire chez les 27, les paysans européens vont remettre des terres en culture. La surface cultivée pourrait monter à 65 Mha, contre un peu moins de 60 Mha en 2007. Du jamais vu. Peut-être dès 2008, le nouveau secrétaire général à l’agriculture américain pourrait également achever l’actuel programme de « conservation des sols ». « Sur les 36 Mha concernés, 3 à 5 Mha pourraient revenir en culture l’an prochain », estime Dan Basse. Le spécialiste envisage donc assez naturellement une production mondiale de blé record, à 650 Mt. « En maïs, la situation est dfférente, car les zones de production sont limitées », signale-t-il.
L’Inde et la Chine loin de l’autosuffisance
Les stocks des cinq grands exportateurs devraient donc commencer à se reconstituer. l’Australie devrait revenir dans le marché avec près de 20 Mt de blé. « Trois années de sécheresse consécutive, ça ne s’est jamais produit », juge Dan Basse. D’autres tiennent le même raisonnement pour l’Ukraine. Armée d’une meilleure récolte, la mer Noire ne devrait pas être obligée de bloquer de nouveau ses exports, comme lors de cette campagne. Compte tenu de ces facteurs baissiers, faut-il vendre dès maintenant toute sa récolte sur le marché à terme ? Non. Les prix resteront élevés, car en face, la demande ne diminue pas. Une nouvelle classe moyenne se forme en Asie du Sud-Est, qui consomme. Quant à l’Inde et à la Chine, elles ont vu leurs stocks de blé et de riz fondre ces quatre dernières années. En Chine, la surface cultivable chute inexorablement: de près de 115 Mha en 1998, elle est tombée à un peu plus de 105 Mha en 2007.
Légende photo : Les cours des grains ont monté trop vite et trop fort, un nouvel équilibre va se fonder sur des bases nouvelles.