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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Volailles | Article n°7863 |
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Volailles / Déficit de poulaillers jusqu'en 2013 puis excédent : La gestion du parc de bâtiments demandera de la souplesse
 
Entre 1998 et 2006, la production annuelle bretonne de volailles de chair a perdu 350 000 t/an, passant de 950 000 t. à 600 000 t. Durant toutes ces années, les débouchés commerciaux ont été les principaux facteurs limitants. La tendance pourrait s'inverser rapidement, comme le montre une étude régionale menée par la Chambre d'Agriculture de Bretagne avec les professionnels et de nombreux partenaires économiques.

Baisse des besoins de 38 %

L'étude a mesuré les conséquences en terme de m2, sur la période 2006-2015 en s'appuyant sur quelques hypothèses. "Nous avons considéré que les importations poursuivraient leur progression pour atteindre 10 % de la consommation française. La France perdrait les marchés allemands et anglais. Nous avons prolongé les tendances de consommation nationale : très légère progression en poulet et baisse de 1,3 % en dinde. Nous avons aussi pris en compte la suppression des restitutions à l'export en 2015", explique Gwenola Floch-Penn, de la Chambre d'Agriculture de Bretagne.     
Avec ces hypothèses, les besoins pourraient être de 367 000 t/an en 2015 contre 600 000 t.en 2005, soit une baisse de 38 %. "Nous perdrions 160 000 t. en poulet dont 120 000 t. liées aux restitutions. La production de dinde diminuerait de 66 000 t." À échéance 2015, ce scénario "marché" se concrétiserait par une diminution des besoins en surface de 1,6 million de m2.

Déficit puis excédent  

Face à ce scénario marché, comment évoluera le parc de bâtiments avicoles ? L'évolu-tion des exploitations sur 10 ans permettra-t-elle de répondre en terme de capacité de production ? L'étude a analysé les facteurs démographiques, (départs en retraite remplacés à 28 %, arrêts précoces, exploitations non viables), les conséquences de la réglementation bien-être et des contraintes environnementales.
La confrontation entre les scénarios "marché" et "exploitations" nous montre une inadéquation. Durant les premières années, où les marchés tirent la production, nous aurions à faire face à un déficit de m2 (entre 2007 et 2013), avant l'éventuelle suppression du mécanisme de restitutions. "Si l'on veut répondre à la demande durant cette période, il faut essayer d'atténuer les départs anticipés et encourager un taux de reprise supérieur, en assurant une meilleure rentabilité globale", poursuit G. Floch-Penn. À partir de 2015, en cas de suppression des restitutions, le parc serait trop important. Quel que soit le type de production, la filière bretonne est confrontée au problème de compétitivité sur des marchés très disputés.  

Un parc plus performant

Durant les premières années, le principal facteur limitant devient l'aviculteur et l'attractivité du métier, le parc étant insuffisant pour répondre à la demande. "La première action consiste à maintenir un parc avicole performant. En effet, l'âge moyen des bâtiments est de 20 ans en poulets et 21,4 ans en dindes. Le besoin de rénovation est évident", estime G. Floch-Penn. Ainsi, 11 % des bâtiments poulets ont une ventilation statique sans assistance l'été.   
"Pour que les aviculteurs rénovent leurs outils, les marges brutes doivent progresser et atteindre un niveau de 30 euros/m2/an au lieu des 23 euros actuels. Ce niveau de marge permettrait de dégager un revenu de 25 000 euros brut par UTH (revenu de référence breton), ce qui conforterait l'attractivité du métier", souligne l'intervenante

Gagner 400 000 m2

L'amélioration de la rentabilité renforcera aussi l'attractivité de la production avicole en augmentant le taux de reprise et en réduisant le taux d'arrêt précoce. "On peut ainsi gagner 400 000 m2 et faire face aux besoins jusqu'en 2013. Au-delà, il reste l'épée de Damoclès que constitue la suppression des restitutions".
Cette situation contrastée mais stimulante va nécessiter de la souplesse dans la gestion du parc de bâtiments avicoles et l'amélioration de la rentabilité dans les élevages. C'est un dossier qui concerne toute la filière, les opérateurs doivent afficher leur volonté de redonner un avenir à la volaille de chair bretonne et les pouvoirs publics ont un rôle majeur à jouer compte tenu des contraintes concurrentielles et financières fortes des filières avicoles.

Patrick Bégos     

 

Formation, transmission et investissements

La formation des aviculteurs et l'optimisation de la transmission des ateliers sont des pistes de travail. Le recours à des bâtiments neufs étant peu envisageable aujourd'hui, la mise en relation des cédants et des repreneurs doit être plus efficace, en facilitant, par exemple, la reprise, par un audit des bâtiments. Il faut aussi poursuivre l'accompagnement des investissements de rénovation dans le cadre de la directive "bien être", pour avoir accès au droit de produire 39 kg de poulet/m2.
L'installation de turbines en pignon, la transformation complète d'un poulailler statique en dynamique, la mise en place d'un système de brumisation ou de trappes d'entrée d'air à jet dirigeable, permettraient de mieux maîtriser l'ambiance en poulets comme en dinde. À l'exemple des filières porcines et laitières, des indicateurs techniques globaux pourraient être mise en place avec engagement réciproque de l'industriel (qualité de l'aliment et du poussin) et du producteur (indice de consommation, GMQ). 

 

Légende : Pour faire face à la demande du marché, la filière a besoin d'éleveurs compétents et  de poulaillers performants.


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Date de l'article : semaine du N° du 23 au 30 Novembre 2007
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