
Installé à Maël-Carhaix en 1989 à la suite d’un tiers en production laitière, Michel Le Boulc’h a fait évoluer progressivement son exploitation vers le maximum d’autonomie. Dès 1998, il a signé un contrat RIN (réduction d’intrants) avec le Cedapa. Il a commencé par accroître ses surfaces en herbe en diminuant la place réservée aux cultures, en se fixant comme objectif, 40 ha d’herbe sur les 65 ha de l’exploitation.
Rejoint en 1999 par son épouse Christine, il fait le choix en 2001 d’engager une conversion à l’agriculture biologique, et signe un CTE avec le GAB d’Armor. “Je souhaitais aller au bout de ma démarche d’une agriculture respectueuse de l’environnement, d’une meilleure adéquation entre ma production et l’attente des consommateurs sur la qualité des produits mais aussi du bien-être animal ».
L’exploitation avec 2 UTH dispose actuellement de 65 ha de terre pour un quota de 327 610 litres de lait produit par 55 vaches laitières (2/3 Prim’Holstein et 1/3 Normande). La moyenne du troupeau se situe un peu au-dessus de 6000 L par vache à 33 de TP et 42 de TB. L’essentiel de l’alimentation du troupeau est assuré à partir de la production d’herbe : 50,5 ha de prairies temporaires dont 15 ha destinés à la fauche (10 ha de dactyle + luzerne et 6 ha de prairies multi-espèces – fétuque, luzerne, trèfle blanc et trèfle violet). 12 ha sont consacrés au céréales et aux mélanges céréaliers, et 2,5 ha à la betterave.
Améliorer la ration hivernale
2007 marque pour lui une nouvelle étape. Elle se concrétise par la construction d’un séchoir a foin. « L’objectif est d’améliorer la ration hivernale, de sécuriser la production fourragère dans une zone relativement humide, de viser l’autonomie complète sur le plan alimentaire, de réduire le temps de travail ».
L’investissement a consisté dans la construction de deux cellules de séchage pour une surface de 392 m2 pour accueillir 180 tonnes de foin. La chaleur de la toiture (770 m2) vient réchauffer l’air dans un caisson et par l’intermédiaire d’une gaine d’aspiration récupérée dans le caisson du ventilateur. Il est envoyé en dessous des caillebotis en bois sur lequel repose le foin. L’air chaud ainsi propulsé vient sécher le foin qui est déposé en couche régulière au fur et à mesure de la récolte. Le foin est récolté à un stade précoce entre 45 et 65 % de taux d’humidité. Après la coupe, en fonction de la production et du temps, il ne reste sur la parcelle que pendant 2 à 3 jours ne subissant qu’un ou deux fanages. Le foin séché est ensuite repris par une griffe au moment de la distribution.
Moins de stress
Michel Le Boulc’h a ainsi investi 101 290 euros pour réaliser l‘ensemble de son équipement comprenant les cellules, l’aménagement de la charpente, le ventilateur, la griffe, l’autochargeuse ... En intégrant les coûts liés au fonctionnement, il évalue à 30 euros pour 1000 litres la charge de ce nouvel investissement. Des charges qu’il estime pouvoir compenser à différents niveaux : coût de fourrage (pas ou peu d’enrubannage), baisse des charges de mécanisation, gain de productivité de 500 litres par vaches du fait d’une ration mieux équilibrée, amélioration de la qualité du lait et baisse des frais liés au sanitaire … « Peut-être pas de gains extraordinaires dans tous les postes mais des améliorations qui se cumulent », souligne Michel Le Boulc’h.
Pour l’éleveur, outre ces aspects économiques importants, d’autres éléments sont mis en avant et notamment le confort de travail avec moins de stress au moment de la récolte. La période entre coupe et ramassage est réduite et donc la contrainte des conditions météorologiques limitée. De même le séchage permet de mieux maîtriser la qualité des fourrages car moins travaillé par les engins de fanage et assure donc une meilleure valorisation. La distribution après reprise à la griffe est également facilitée. Les quelques mois qui viennent vont lui permettre de mieux apprécier son investissement.
Pierre Dénès
Repères
EARL Michel et ChristineLe Boulc’h 2 UTH
65,50 ha, 50 vaches laitières et génisses pour un quota de 327 610 litres de lait
Production : 6380 l par vache à 42 de TB et 33 de TP.
Taux de renouvellement 21,53
Taux de réforme 3,91
50, 5 ha d’herbe
12 ha de mélanges céréaliers
3 ha de betteraves
Fertilisation organique : fumier composté, lisier de raclage
Produit de l’exploitation en 2006 : 153607 euros
EBE pour 1000 litres : 101,1 euros
Taux d’endettement : 39,29 %
Chiffres 2006
Légende : L’éleveur utilise sa griffe pour reprendre le foin des cellules, un foin de très grande qualité.