
Hubert Le Nan produit de l’échalote de tradition sur 5 ha sur la commune de Plouescat. Une des phases clés de la culture est le séchage du bulbe au champ après son arrachage pendant une à deux semaines l’été. Faut-il le rappeler, les conditions météorologiques étaient exécrables cette année. « De mai à juillet, nous avons reçu le double en pluviométrie, et deux fois moins d’ensoleillement » témoigne le producteur. Le manque d’ensoleillement a d’abord perturbé la pousse. Le producteur estime à 10% la perte de rendement. L’hygrométrie constante a ensuite perturbé le séchage. Conséquence de l’accumula-tion d’humidité, la bactérie Burkholdeira Gladioli, présent à l’état naturel sur les feuilles, est descendue dans les bulbes qui tardaient à sécher. Les gros calibres ont été les plus exposés au risque de contamination, qui se traduit par le pourrissement du bulbe. Cette situation avait entraîné de vives inquiétudes au sein de la filière. La qualité est malgré tout une nouvelle fois au rendez-vous, dissipant les craintes d’une saison catastrophe.
La saison 2008 n’est pas compromise
Première nouvelle rassurante, la bactérie ne s’est pas propagée d’un bulbe à l’autre. Les procédés de conservation en exploitation ont permis de stopper la contamination. « L’échalote en silo, on insuffle sous l’unité de stockage de l’air chaud à 36°C pendant quatre jours pour parfaire le séchage, explique Hubert Le Nan. Cela a permis de bloquer et de diminuer les problèmes de conservation ». La température du stock descendue par la suite à température ambiante, la maladie n’a pas évolué. Autre constat, les bulbes de gros calibres ont été préférentiellement atteins. « Les petits calibres, que l’on utilise pour la plantation, ont été épargnés. Ce qui ne compromet en rien la prochaine saison ».
En station, le triage a été important, doublant au passage le temps de tri sur la chaîne. Les frais de station ont augmenté cette année. Le coût de revient est d’ailleurs en augmentation et se situe à 1 euro par kg. Le prix payé aux producteurs lui oscille entre 0,80 et 1,50 euro par kg selon le marché. Après l’équeutage et le nettoyage, les pertes devraient atteindrent le tiers de la production d’échalotes ½ longue, soit 10 000 tonnes. Cette rigueur du tri a cependant permis d’apporter des produits de qualité dans les étalages, rassurant les acheteurs. « Pour l’expédition, nous devons avoir des produits de meilleures qualité possible » explique Pierre Gélébart, le responsable de la section échalote à Prince de Bretagne. Un objectif qualité qui semble être atteint. L’épisode n’a pas altéré le côté gustatif des bulbes sains. Pierre Gélébart, le responsable de la section échalote à Prince de Bretagne pointe du doigt le trophée. « Un collège de consommateurs a élu l’échalote de tradition saveur de l’année 2008. Cette distinction estime leur degré de satisfaction du produit. C’est une récompense pour toute la filière ».
Bertrand Caro
L’échalote de tradition :
en passe d’obtenir l’IGP
L'Indication Géographique Protégée (IGP) permet de défendre les noms géographiques et est une manière de déterminer l'origine d'un produit. C’est un signe d’identification européen, créé en 1992. Attribuée aux produits spécifiques portant un nom géographique et liés à leur origine géographique, l’IGP permet la protection de ceux-ci dans toute l'Union Européenne.
Légende : Hubert Le Nan et Pierre Gélébart, devant le silo de stockage.Le travail de tri par les producteurs en station a été récompensé.