
L es graisses animales vont-elles faire leur réapparition dans l’alimentation des porcs et volailles? L’élevage français le souhaite de plus en plus pour apporter une «légère» détente dans un contexte généralisé de flambée des matières premières agricoles. Une demande également partagée par le Syndicat des industries françaises des coproduits animaux (Sifco). «Depuis 2003-2004, les graisses de catégorie 3 (Ndlr: matières provenant d’animaux dont les carcasses ont été déclarées propres à la consommation humaine après inspection sanitaire) sont réautorisées dans l’alimentation destinée aux porcs et aux volailles», souligne Thierry Geslain, directeur du Sifco.
«Un problème à régler dans la filière»
Pourtant, en France, elles ne sont pas utilisées. Raison principale: les cahiers des charges des productions qui imposent un régime «100 % végétal » aux animaux. Conséquences de cela, en 2006, selon le Sifco, près de 14 000 tonnes de graisses catégorie 3 sur un total de 347 581 tonnes produites sont parties dans les chaudières pour servir de combustibles! «195 460 tonnes partent vers la lipochimie, mais beaucoup peuvent être mieux valorisées. C’est un problème à régler dans filière». Jusqu’ici, la mauvaise image des graisses animales depuis les années vaches folles, n’a pas particulièrement joué en leur faveur. «Les co-produits de catégorie 3 sont pourtant parfaitement sans risque et utilisables», estime le Sifco.
Mieux segmenter les coproduits
Le Sifco souhaite également que les protéines animales transformées (PAT), appelées plus communément farines, de catégorie 3, puissent être mieux valorisées. «Aujourd’hui, nous payons les cimenteries pour qu’elles les utilisent» souligne Oriane Boulleveau. 174 656 tonnes ont été incinérées en 2006, dont «la majorité pourrait trouver une utilisation dans l’alimentation animale des porcs et des volailles», selon le Sifco. Mais sur ce point, la réglementation européenne interdit toute utilisation même partielle. «Il pourrait y avoir un assouplissement en 2009, d’abord sur les PAT de porcs et de volailles pour l’aquaculture puis à destination croisée des porcs et des volailles», estime Thierry Geslain, qui rappelle que «depuis septembre 2006, les PAT de catégories 3 sont à nouveau réautorisées pour les pet-food et la fabrication d’engrais».
Légende : Pour l’instant interdites, les professionnels souhaitent que les farines aimales soient autorisées pour les porcs et les volailles.