
Alors que la saison précédente, le gros de la récolte en Camus s'était réalisé en 4 semaines en juin, cette année, la production s'est étalée principalement sur deux mois, avec de la pousse en quantité et un marché à satisfaire. "La saison a débuté tranquillement pendant deux semaines, témoigne Emmanuel Le Dantec, producteur d'artichaut sur la commune de Pleubian. Les drageons végétaient à cause du temps sec. La production a explosé après le jeudi de l'ascension". La culture occupe 20 ha soit le tiers de son exploitation, avec 9 hectares en drageons et 11 en "vieux" plants. La parcelle qu'il bine et "dédrageone" a cinq ans de production. "Généralement, nous arrachons les plants au bout de quatre années de production".
Un été techniquement très compliqué
Cet été, le producteur d'artichaut aurait pu se diversifier dans la cueillette et la vente d'escargot. Le gastéropode a particulièrement apprécié le climat et proliféré dans les parcelles, altérant la qualité du fruit. Dans certains secteurs, l'apparition du mildiou sur les plants fait également des dégâts en atteignant le cœur de l'artichaut, rendant le capitule esthétiquement non-commercialisable.
Malgré ces aléas, l'agréage s'est bien réalisé en station. Le signe d'un bon tri en aval. "La perte au champ en Camus a été importante au mois de juin alors que la consommation était bonne, regrette Xavier Thépo, le responsable artichaut à l'UCPT. On a perdu un potentiel fort car nous n'avions pas assez de produits". Néanmoins, l'approvisionnement a été régulier, à des prix corrects et stables. Au 28 octobre 2007, la production de Camus (10 200 tonnes sur 1 280 ha) et de Castel (3 200 000 têtes sur 330 ha) est sensiblement la même qu'en 2006, avec d'avantage de petits calibres cette année. "Sur la saison brute, le bilan est correct, avec certaines disparités selon les producteurs. La valorisation des produits est satisfaisante cette année".
C'est l'artichaut violet qui enregistre à nouveau une augmentation de sa surface en drageons. La culture couvre cette année 575 hectares sur Paimpol avec une augmentation pour le moment de 1 000 000 de têtes en vente grâce aux conditions climatiques d'arrière saison favorable. "Le violet est devenu un gros produit, explique Paul Le Dantec, le président de la commission artichaut de l'UCPT à Paimpol. Grâce à cette variété, nous avons réussi à étaler la production et à nous positionner sur le marché Italien". De 10,9 M de têtes en 2006, la production devrait atteindre 12 M de têtes en 2007. "C'est le produit qu'il nous manquait et qu'il nous fallait. Aujourd'hui, 180 producteurs cultivent du violet. C'est une diversification qui s'est réalisée facilement. Techniquement, les producteurs bretons savaient faire". À l'avenir, le violet peut prendre des parts de marchés. Son développement sur la région de Paimpol le laisse présager. Avec l'arrivée du froid, la fin de la campagne devrait se préciser les prochains jours.
Bertrand Caro
Légende : Emmanuel Le Dantec, Paul Le Dantec, président de la commission artichaut de l'UCPT à Paimpol, et Xavier Thépo, le responsable de la branche artichaut à l'UCPT, au milieu d'une parcelle d'artichauts Castel en fin de récolte.