
Hanne Maribo, Danoise en sciences animales, était sollicitée au Space par la société DSM pour communiquer ses recherches sur l’impact des acides organiques sur la microflore digestive des sevrés. "Le but de l’alimentation pour le porcelet sevré est bien de baisser l’incidence des diarrhées et la mortalité, avec des performances et des coûts de croît compétitifs". Un des objectifs de la filière porc au Danemark est de descendre le taux de perte moyen en PS de 4,2% en 2005 à 2.8% en 2015.
Hanne Maribo s’est appuyée sur des essais réalisés au Danemark sur des porcs sevrés à 4-5 semaines et pesés jusqu'à 10 à 12 semaines. Ces essais montrent des améliorations variables sur la santé digestive du porcelet et sur ses performances de croît (GMQ et IC) selon l'additif alimentaire utilisé (antibiotiques, acides, probiotiques, arômes, enzymes et oligosaccharides). Les acides organiques montrent les meilleurs résultats. "Les acides organiques permettent d'établir une barrière contre les agents pathogènes et sélectionnent la "bonne" flore intestinale, explique Hanne Maribo. Naturellement, cette flore intestinale est un environnement hostile pour les agents pathogènes. Elle empêche leur adhésion et stimule l'immunité locale de l'intestin. Le côté négatif est qu'elle coopère parfois avec des bactéries nuisibles et des agents pathogènes. En diminuant le pH de l'estomac, les acides organiques participe au rôle de barrière contre les ag

ents pathogènes en favorisant la croissance des bonnes bactéries. À terme, le risque d'apparition de diarrhées est réduit. Ces acides aident au contrôle des pathologies digestives en post-sevrage et permettent d’éviter le recours aux antibiotiques".
Attention au surdosage
La combinaison la plus connue est l’ajout d’acide lactique et formique. Cependant, cette combinaison a peu d’effet sur les bactéries. Des résultats microbiologiques montrent que l’ajout de 0,7% d'acide formique et de 0,7% d'acide lactique dans la ration n'affecte pas significativement la microflore. Par contre, l'essai démontre que l'ajout de 2% d'acide benzoïque dans la ration réduit de façon significative le nombre total de bactéries anaérobies dans l'estomac et dans l'intestin grêle, et agit sur les levures mais pas sur les coliformes. "L’acide benzoïque a un effet incontestable sur la diminution des diarrhées. C’est aussi le seul acide qui est transféré dans l’intestin grêle". L'acide benzoïque, présent à l’état naturel chez l’animal, est métabolisé dans le foie puis est excrété par les reins. D'où le pH bas de l'urine. Il ne se concentre pas dans le corps de l’animal. "Attention toutefois au surdosage dans la ration, prévient Hanne Maribo. De fortes doses donneront un mauvais goût à la nourriture. Elles favoriseront l'apparition d'acidose et mettront une pression supplémentaire sur le foie et l'intestin de l'animal. Cela entraînera une baisse de l'ingestion ou un arrêt de l'alimentation".
La recommandation d'incorporation d'acide benzoïque dans la ration est à 0.5% pour les sevrés et entre 0,5% et 1% pour les porcelets en finition. L'acide benzoïque agit sur les salmonelles. Le produit n'a pas encore été approuvé pour l’utilisation dans l’eau de boisson.
Bertrand Caro
Légende : Hanne Maribo, était sollicitée par la société DSM pour communiquer ses recherches sur l’impact des acides organiques sur la microflore digestive des sevrés.