
C omme la plupart des éleveurs, Laurent Josse et Daniel Leroy en ont passé quelques nuits blanches. Ils s’en souviennent encore. Surtout des longues soirées d’hiver. Le froid. La pluie. Qu’importe. Il faut se lever et se rendre à la stabulation. Une vache doit vêler. Manque de chance, ce n’est pas pour cette fois. «Ça nous est souvent arrivé de revenir plusieurs fois dans la nuit, sans succès» racontent les deux associés du Gaec Sherwood à Mordelles (35) qui n’oublient pas qu’à certaines périodes de l’année, le même scénario se reproduisait toutes les nuits de la semaine. Un rythme qui n’était pas de tout repos.
Tout voir à tout moment
Aujourd’hui, les deux éleveurs dorment plus tranquilles. Leurs 80 laitières sont bien gardées. La vidéosurveillance s’en occupe. «De jour comme de nuit, 24 heures sur 24, on peut observer tout ce qui se passe dans l’élevage, de n’importe où, y compris de la maison.»
Pour cela, une caméra numérique, reliée à un modem Internet, a été installée dans la stabulation. «Elle se pilote à distance sur ordinateur. Il suffit de manipuler la souris à l’écran. On clique pour se déplacer. On fait tourner la mollette pour zoomer.» La caméra s’occupe du reste. Un œil de lynx, de la taille d’une lampe, capable d’observer l’ensemble d’un bâtiment d’élevage, en particulier les points stratégiques. «Nous en avons retenu trois. Le cornadis, le Dac, la salle de traite et le box de vêlage.» Tout ce qui s’y passe est visible en direct et dans le moindre détail. «La mise au point se fait automatiquement. Le zoom grossit jusqu’à 18 fois.» De quoi distinguer jusqu’au numéro de boucle d’une vache. Et de nuit, «on y voit comme en plein jour. L’éclairage de la stabulation se commande aussi à distance.»
Mieux surveiller les vêlages et les chaleurs
Désormais, Laurent Josse et Daniel Leroy peuvent suivre en direct le déroulement d’un vêlage, sans bouger de chez eux. «Bien sûr, on consulte régulièrement l’écran pour voir comment ça se passe. Mais maintenant, on ne se déplace plus qu’en cas de besoin.» Ça arrive de plus en plus rarement. D’autant que la vidéo permet également de détecter, mais aussi de surveiller les chaleurs à distance.
Un gage de sécurité et d’efficacité, mais aussi de sérénité. Un aspect déterminant pour les deux associés qui ne regrettent pas d’avoir investi 3 000 euros dans leur installation. «Le prix du confort, et d’un meilleur suivi du troupeau. En sauvant plusieurs vêlages dans l’année, l’investissement sera vite amorti ».
Jusqu’à l’arrivée de la vidéosurveillance, les deux associés avouent que l’informatique les branchaient peu. «À présent, nos ordinateurs sont allumés en permanence au bureau comme chez nous. C’est devenu un outil de travail indispensable au quotidien» expliquent les éleveurs qui envisagent d’aller plus loin. Dans quelques mois, l’exploitation sera équipée d’une nouvelle salle de traite. «Nous allons en profiter pour informatiser la pesée du lait ainsi que le distributeur automatique de concentré». Un moyen de «mieux maîtriser notre élevage et notre production. Ça compte d’avantage que d’investir dans un tracteur.»
CER France Ille-et-Vilaine
Légende : Qu’ils soient sur l’exploitation ou chez eux, Daniel Leroy et Laurent Josse gardent toujours un œil sur leur troupeau.