
À la fin de la semaine 43, le Cerafel, le Comité économique de la filière légumière, enregistrait une réalisation de 6 900 000 têtes, soit à peine plus de la moitié des apports qu'il prévoyait en début de saison. "Nous avons 12 jours de retard" explique le directeur du Comité Yvon Auffret. Un décalage causé par la fraîcheur des températures automnales de cette mi-octobre qui contraste avec la douceur des températures record à cette même période l'année dernière.
Une météo capricieuse
C'est tout d'abord la pluie ininterrompue qui a perturbé la plantation d'été. La planteuse est sortie furtivement, à la première accalmie. La production s'est décalée et regroupée. Par rapport à l'année dernière, les surfaces de récolte vont diminuer de 4 % en septembre, et de 12 % en octobre. "Elles augmentent légèrement en novembre et sont à un niveau égal en décembre" prévoît Yvon Auffret, sans ignorer que la difficile saison précédente a freiné le développement de la culture. "Nous allons enregistrer une légère baisse de la production sur la saison en Bretagne".
En cette fin octobre, la filière vient à espérer la pluie et des températures plus clémentes pour étaler la production. Le déficit hydrique et le froid retardent la pousse des plants. Le recul des volumes mis en marché provoque actuellement une hausse des cours. Cette embellie ne profite qu'à très peu de producteurs. Par un après-midi calme au centre de conditionnement de Taulé, les remorques arrivent au compte-gouttes, et les producteurs qui déchargent se préparent à un gros à-coup de la récolte en novembre. "Nous envisageons d'embaucher un salarié supplémentaire" explique ce jeune agriculteur, qui veut anticiper le pic de travail prévu à la fin de cette semaine.
Pour Yvon Auffret, "le manque de main d'œuvre et le coût de la main d'œuvre (60% du coût de revient) est un problème récurrent sur la côte légumière. C'est le facteur limitant de notre agriculture, en compétition avec des pays qui ont résolu le problème, comme par exemple l'Allemagne dont la production se développe régulièrement, en partie grâce à une main d'œuvre étrangère meilleure marché (essentiellement polonaise). Quoiqu'on observe actuellement un accroissement des niveaux de salaires de ces travailleurs qui ont tendance à quitter l'agriculture pour d'autres secteurs plus rémunérateurs. En Bretagne comme dans beaucoup de régions agricoles européennes, l'agrandissement des exploitations ne permettra un maintien du potentiel de production que si le facteur main d'œuvre suit". Le prochain point sur la campagne à la fin novembre.
Bertrand Caro
Légende : Déchargement d'une cargaison de choux-fleurs au centre de conditionnement de Taulé. La station démarre la saison au ralenti. Conséquence du froid et du déficit hydrique, elle a pris 12 jours de retard.