
Partant du constat que la Bretagne ne produit que 6% de l'énergie dont elle a besoin, le Conseil régional a défini un Plan énergie structuré autour de quatre axes: maîtriser la demande d'énergie, garantir l'approvisionnement énergétique, connaître précisément les données régionales et développer la production issue d'énergies renouvelables. "Le projet du lycée du Gros Chêne s'inscrit tout à fait dans ce cadre" déclare Mme Thomas, de la commission environnement du Conseil Régional. "Ce projet doit être exemplaire. Sa vocation est bien sûr de produire de l'énergie mais surtout de diffuser l'exemple et d'essaimer sur le territoire breton". 4600 stations de ce type sont en fonctionnement en Allemagne, 3 en France, le retard est considérable.
Effluents, tontes, boues de stations d'épuration
Le projet, porté par le lycée et soutenu par de nombreux partenaires, sera un outil pédagogique pour les étudiants et les agriculteurs. Il sevira la recherche et le développement de nouvelles valorisations du biogaz et des biodigestats. Il permettra également de progresser dans l'optimisation des installations. "La biomasse est disponible sur le secteur géographique. La station permettra de la valoriser" déclare Daniel Le Couviour, responsable de l'exploitation du lycée. Pas question de suivre l'exemple allemand et d'y inclure du maïs ou d'autres productions fourragères. "Les intrants se limiteront aux effluents d'élevage, aux tontes de pelouses, aux boues de stations d'épuration, aux déchets des cuisines collectives et éventuellement aux graisses animales des abattoirs". Le projet a également pour but de contribuer à la mise en place d'une filière complète sur la méthanisation et de créer une activité de diversification de l'exploitation agricole.
Ce projet ne manque pas d'atouts. "Il est situé en Centre Bretagne, au sein d'un bassin agricole et agroalimentaire de premier ordre" déclare Mme Thomas. "D'autres établissements d'enseignement, comme l'IUT, sont impliqués dans la démarche. La proximité immédiate de la plate-forme technologique Prodiabio est un avantage".
La construction débutera dans 2 ans
La station de méthanisation génèrera de l'électricité vendue à EDF et de la chaleur (emmagasinée en ballon d’eau chaude) permettant de chauffer les logements étudiants du lycée et, plus tard, certains équipements municipaux ou une station de séchage de bois. Le coût total du projet s'élève à 950 000 euros dont 600 000 euros pour les installations de base, 200 000 euros pour l'option pédagogique et la recherche et 50 000 à 150 000 euros pour la valorisation dans la filière bois énergie. "Les travaux de construction débuteront dans deux ans" déclare Daniel Le Couviour. "Nous en sommes au stade du diagnostic technique". Suivront la définition du cahier des charges de l'installation, l'élaboration du dossier des Installations Classées, le montage du financement et, enfin, l'appel d'offre, la construction et la mise en service.
Bernard Laurent
Photo : Les représentants des principaux partenaires du projet, Conseil général et régional, la Draf, le Pays de Pontivy, l'IUT, les Chambres d'agriculture et d'industrie, Valorial, Cluster West et l'Inra, ont présenté le projet de construction.