
Les analyses sur les bovins vivants étaient l'une des principales revendications des éleveurs concernés par l'affaire de la dioxine. En l'absence d'analyses, les bovins et notamment les taurillons étaient bloqués dans les élevages avec tous les préjudices liés à cette situation. "Un protocole d'analyses des graisses a été mis en place. Les éleveurs recevront les résultats sous une quinzaine de jours. Si les analyses sont négatives, les bovins seront commercialisés dans le circuit normal. Si elles sont positives, les carcasses seront détruites" déclare Loïc Bauthamy, éleveur à Avesac et membre de la commission reçue à la sous-préfecture de Redon. Par la suite, les animaux partiront donc au moment souhaité par les éleveurs.
Le préjudice total est estimé à 5 millions d'euros par la profession. L'état a accepté de verser 1,5 million dans l'immédiat. "Nous sommes encore loin du compte" déclare Joël Limouzin, président de la FRSEA Ouest. "Les éleveurs ne doivent pas perdre un centime".
Les Conseils généraux des départements concernés (35,44,56), également sollicités, abonderont en complément des aides de l'Etat mais aucun montant n'a été annoncé à ce jour.
L'origine toujours inconnue
Concernant la production laitière, les éleveurs ont été payés, même quand la collecte était détruite, par les laiteries qui se retournent désormais vers l'Etat pour récupérer le préjudice estimé à 2 millions d'euros. "Il ne s'agit de leur part que d'une avance de trésorerie" déclare Loïc Bauthamy "Malgré les analyses effectuées, l'origine de la pollution reste inconnue. On se demande bien pourquoi". Les suspicions concernant l'usine Knauff semblent s'éloigner.
Pour l'avenir, Joël Limouzin préconise la création d'un fonds spécifique pour indemniser les agriculteurs victimes de pollutions dont on ne trouve pas l'origine.
Photo : Les éleveurs se sont fortement mobilisés sur le dossier de la dioxine. 400 éleveurs ont manifesté dans les rues de Redon.