Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Côtes d'Armor (22)
Nouveaux marchés / Des opportunités existent - Un potentiel à exploiter en tenant compte des réalités
 
Une enquête nationale a été conduite dans 5  régions françaises dont la Bretagne, sur la consommation des produits fermiers. « La dernière étude datait de 1994,  il était donc important de la réactualiser pour mieux cerner la consommation et les évolutions », a expliqué Marie Paul Fouquin, animatrice de l’Union bretonne de tourisme rural, lors de la journée organisée mardi à Trémuson.

De toute évidence  le marché est porteur puisqu’en un peu plus de 10 ans la consommation de produits fermiers a augmenté de 31 %. Il y a donc un réel potentiel à exploiter. Il convient toutefois de constater aussi que les lieux d’achats ont  évolué. Ainsi, ces achats se font plus en GMS ou sur des marchés et beaucoup moins sur les exploitations. De même, l’acte d’achat ne concerne pas tous les produits au même niveau. Parmi les 7 produits cités on retrouve en tête les volailles, les légumes et les produits laitiers.

Témoins passionnés, mais réalistes

Certes,  il y a sans doute une carte à jouer, sans pour autant ignorer les contraintes et les osbtacles. Claudine Gesbert explique comment avec son époux, Jacky, ils ont démarré cette activité de vente directe de viande bovine au moment de l’ESB et surtout comment ils ont dû la faire évoluer et s’adapter. Les colis marchaient bien de départ, et au fil des années, la demande a été plus sur le détail. Ils se sont aussi adaptés en saisissant des opportunités comme l’approvisionnement d’une supérette ou plus récemment la participation à « Voisins de paniers » une association de producteurs qui vend des paniers notamment via internet.
Un métier contraignant qui nécessite selon Claudine Gesbert « de trouver le bon équilibre entre exploitation, vente et famille ». En sachant rajoute-t’elle « qu’il faut aimer ce que l’on fait, car il y a beaucoup de travail par rapport à la rentabilité ».

La démarche conduite par Michel et Marie Claire Le Batard à Plérin est un peu différente. Producteurs de lait aux portes de l’agglomération, leur exploitation a subi les assauts de l’urbanisation. Dès 1993, ils ont démarré la production et la commercialisation de volailles. « 800 volailles plumées à la main ». Ils en commercialisent aujourd’hui 12000 avec pour répondre à la demande une diversité. Le lait a été abandonné.
Mais surtout ils ont franchi un cap supplémentaire en investissant 150 000 euros dans un magasin de vente directe « La Ferme de la ville Huet ». La vente directe est de fait l’activité principale, dans le magasin et sur deux marchés locaux. Ils y proposent des volailles, mais aussi d’autres produits fermiers (porc, cidre, confiture …). Ces dernières années, ils ont développé une activité de rôtisserie. « Nous évoluons pour faire face à l’attente des clients de plus en plus vers un métier de traiteur, avec des formules repas complets». Rappelant que c’est un métier où il faut du  professionnalisme et une remise en cause permanente.

Autre expérience, la démarche collective entreprise il y a deux ans par des producteurs de légumes  de la baie de St Brieuc qui vendent sur les marchés. Ils ont créé une  marque « Les légumes de la baie ». « Une façon de se démarquer de ceux qui achètent pour revendre », explique Gilles Robert. Cela permet en outre à ces producteurs indépendants de se retrouver un peu plus régulièrement, d’échanger sur les aspects plus techniques. Ils ont aussi conduit des actions auprès de la restauration collective.

Pas pour tout le monde

Des témoignages recueillis lors de la journée « Nouveaux Marchés » qui illustrent des démarches différentes, montrent les possibilités qui peuvent s’offrir à des producteurs. Ils relativisent aussi parfois l’engouement que peuvent laisser entrevoir certaines enquêtes. La réalité de terrain est parfois différente. Et comme l’a rappelé Jo Pennors, en évoquant plus particulièrement le dossier du bio, “il y a certes des opportunités” mais pas pour tout le monde. En intégrant en outre que la commercialisation de biens alimentaires se fait d’abord au travers de la Grande distribution.

Pierre Dénès

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Date de l'article : semaine du N° du 26 Octobre au 2 Novembre 2007
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