
Jean Michel Méner et David Le Bris, associés du Gaec de Lan ar Coz sur la commune de Maël Pestivien ont un projet déjà bien avancé de production d’électricité à partir de panneaux photovoltaïques. Il rentre dans le cadre d’une démarche collective née au sein du Ceta de Corlay d’équipements de plusieurs exploitations du Centre Bretagne.
Peu de références
Après une première réunion technique avec visite d’un site équipé en décembre 2006, une douzaine d’agriculteurs se sont dits intéressés et pour le moment six d’entre eux se sont engagés dans la démarche. Restait à conduire le dossier, sur un plan technique auprès des fournisseurs de panneaux et sur le plan des autorisations administratives, entrer en relation avec EDF qui doit racheter la production.
C’est Jean-Michel Méner qui s’en est chargé. «Il a d’abord fallu effectuer tout un travail de défrichage à tous les niveaux ». Il ne compte pas le nombre de coups de téléphone passés pour connaître les procédures, savoir quel type de dossiers il fallait constituer pour obtenir les autorisations. « Parfois baladé d’un service à un autre ».Pour chaque site, un dossier technique a été établi, rassemblant un ensemble d’éléments : surfaces envisagées, exposition exacte, inclinaison des toitures, distances par rapport au transformateur. « J’ai ensuite passé plus de deux semaines à faire le tour des fournisseurs pour repérer les meilleurs produits et les meilleures offres», confie Jean-Michel Méner qui a dû en fait se faire son opinion en comparant les différentes propositions, les argumentations techniques.
« Nous avions peu de références autres que celles fournies par les commerciaux que ce soit sur la performance ou sur les prix». Un peu fastidieux, mais, il le reconnaît, également passionnant.« Le moins cher n’est pas forcément le meilleur sur le plan de l’efficacité de production, de la durabilité, de la rentabilité, de la maintenance, des garanties… ». Sans oublier les aspects de mise en œuvre en fonction des bâtiments, les assurances. « Un bâtiment couvert en panneaux n’a pas la même valeur que le même couvert en plaques fibro ».
Dans un an
Cet engagement au niveau du Gaec correspond aussi à la volonté des associés de placer leur projet dans une démarche globale au niveau de l’exploitation, visant à plus d’autonomie, répondant à une sensibilité environnementale assez forte, qui leur permet en outre de trouver une voie originale de diversification. « C’est un moyen de valoriser les importantes surfaces de toitures que nous avons sur l’exploitation». Ils prévoient en effet de placer 540 m2 de panneaux photovoltaïques devant permettre la production de 77 000 kilowatts/heure, soit le triple de la consommation annuelle.
L‘ensemble de la production est revendu à EDF, au travers d’un contrat de reprise de 20 ans, avec un tarif actuel de 0,56 euro du kilowatt avec une indexation sur le coût de la vie. L’amortissement est effectué sur 13 à 15 ans. Dans le projet du Gaec, les deux associés estiment que les premières années, le bilan financier sera neutre. Il faudra attendre quelques années pour un retour sur investissement. « Notre dossier avance, il faut maintenant concrétiser, obtenir l’accord de la banque qui a été associée au projet depuis le départ ». Objectif, une installation fonctionnant dans un délai maximum d’un an.
Pierre Dénès
Photo : Jean Michel Mener (à droite) et David Le Bris (à gauche) montre la toiture qui devrait accueillir dans quelques mois les panneaux photovoltaïques.