
Le troisième épisode du suivi du réseau veaux de boucherie vient de livrer ses résultats. Cette fois-ci, c'est principalement l'aspect sanitaire qui a été étudié, sur une base de 78 élevages (de Bretagne, Basse-Normandie, Pays-de-la-Loire et Charente) suivis pendant deux ans, soit près de 42 000 veaux. 67 % des élevages fonctionnaient au seau (caillebotis), avec des cases de 2 à 6 veaux, les 33 % restant préférant le DAL (caillebotis ou paille) avec des parcs contenant 20 à 60 veaux. Quatre bandes ont été suivies dans chaque élevage, de 2005 à 2007.
Première conclusion de l'étude : l'entérotoxémie se révèle la première cause de mortalité identifiée (veaux morts à partir du 8ème jour suivant la mise en place), avec un taux moyen proche de 0,5 %. Ses conséquences sont d'autant plus importantes qu'elle intervient principalement en deuxième partie d'élevage (après le 3ème mois), soit une dépense alimentaire à perte. À maladie multifactorielle, solution délicate à décréter… On sait néanmoins que les conditions à la fois d'alimentation et d'hygiène sont à soigner pour éviter l'apparition d'entérotoxémie. Parmi les causes de mortalité, viennent ensuite les suites respiratoires, la péritonite puis les suites de diarrhées.
Quels traitements ?
Les responsables de l'étude ont également recensé le nombre de traitements collectifs et individuels suivant la pathologie. Chaque éleveur inscrivait, dans un cahier, les interventions réalisées en fonction de la pathologie qu'il jugeait être celle de l'animal. La plus fréquente d'entre elles est la pathologie respiratoire. En conséquence, 2,2 traitements collectifs respiratoires en moyenne ont été réalisés sur la totalité des veaux suivis, auxquels s'ajoutent 41 traitements individuels effectués sur 25 % des veaux. Une fois traité, le problème respiratoire ne s'en va pas pour autant de si tôt : l'enquête a révélé un taux de rechute moyen de… 48 %. "Ce chiffre pose question sur l'efficacité des traitements de première intention, tant par le choix du médicament que par la durée effective du traitement. Il soulève également des interrogations sur les conditions d'ambiance des bâtiments", commente Christophe Martineau, responsable de projets veaux de boucherie à l'Institut de l'élevage de Rennes et coordinateur du réseau en collaboration avec le GIE Lait Viande de Bretagne et les Chambres d'agriculture. Conséquence d'une contagiosité accrue dans les parcs collectifs, les rechutes sont plus fréquentes avec le DAL. Un système d'ailleurs peu plébiscité par l'étude en général, qui révèle encore un taux de mortalité d'un point supérieur au DAL par rapport au seau, quel que soit le type racial des veaux.
Maladies respiratoires, 46 % du coût véto
Découlant du nombre de traitements, le coût vétérinaire moyen, dans les élevages du réseau, approche 15 euros par veau. Il intègre le coût des produits de traitement délivrés avec ordonnance mais aussi des produits diététiques et nutritionnels délivrés sans ordonnance. Les traitements curatifs expliquent, à eux seuls, deux tiers du coût des produits délivrés avec ordonnance. La prophylaxie, principalement la prévention médicamenteuse, les traitements anti-parasitaires et les vaccins, correspond au deuxième poste de dépenses, avec 43 % du coût vétérinaire, soit 5,65 euros par veau. L'ensemble de cette étude vient d'être restituée à ses commanditaires. Reste à savoir les suites qui lui seront réservées, l'étude mettant au grand jour le besoin de poursuivre les efforts.
Anne-Laure Lussou
Photo : La pathologie respiratoire s'est avérée prépondérante, avec des taux de rechute révélant une mauvaise efficacité des traitements.