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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Lait | Article n°7775 |
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LAIT / Intensifier et libérer des surfaces - Produire plus pour gagner plus
 
Pourquoi intensifier ? Vais-je vraiment gagner plus si je produis plus ? Question légitime en ces temps d’euphorie sur le marché des céréales et de pénurie laitière. Produire son quota sur une surface moins importante libère des surfaces et des places de bâtiment pour implanter d’autres cultures de vente ou encore absorber une quantité de lait supplémentaire.
Sur la base des 1200 exploitations laitières spécialisées de l’étude, Cogedis a mis en évidence les caractéristiques technico-économiques de chaque système de production en fonction du litrage produit/ha de Surface fourragère principale (SFP). Par extrapolation, on applique ensuite à une exploitation type les résultats moyens du système vers lequel elle souhaite migrer*. Exemple : une exploitation souhaite passer de 5500 L produits par ha de SFP à 8500 L. Les éleveurs qui appartiennent au groupe à 5500 L/ha de SFP produisent en moyenne 6190 L/VL avec 30% de maïs dans la SFP, 980 kg de concentrés par VL pour un coût alimentaire « troupeau » de 87,2 euros/1000 L. En évoluant vers le groupe plus intensif et à condition d’obtenir les résultats de ce dernier, ils produiront 7260 L/VL avec 39% de maïs dans la SFP, 1300 kg de concentrés par VL pour un coût alimentaire « troupeau » de 82,1 euros/1000 L. La baisse du coût s’explique par la dilution des charges (plus de lait, moins de vaches, moins de génisses). L’enjeu est bien de gagner plus de 1000 kg de lait à moindre frais, en optimisant la ration.

Avantage céréales

Ce changement de système permet de libérer 17,4 ha. Avec un potentiel agronomique intéressant, il est possible de cultiver des céréales. Autre option : produire du lait supplémentaire sans avoir à investir dans du foncier (prêt de quota, TTST…). En termes de marge brute, l’avantage est aux céréales (cf. tableau Cas 1). La solution intensive se trouve pénalisée par une moindre qualité du lait (effet dilution), un produit viande et des primes couplées en baisse suite à la diminution de l’effectif. Les Droits à paiement unique (DPU), les produits divers ainsi que les marges brutes initiales ne varient pas. L’inflation des charges de structure est de 12,1 euros/1000 L (investissements pour la distribution des fourrages, le confort des animaux…).
Avec l’intensification, il reste un écart de 28,7 euros/1000 L à combler par les marges céréales. En 2006, la marge brute bretonne en blé s’élevait à 420 euros/ha (travaux de semis et de récolte compris). Sur les surfaces libérées et ramenée au quota, cela représente 26,3 euros/1000 L, soit l’équilibre à 2 euros/1000 L près. Mais dans un contexte plus porteur sur le marché des céréales, avec une marge à 600 euros/ha, cela équivaut à + 37,6 euros/1000 L. Une marge à 800 euros/ha, et c’est + 50,1 euros/1000 L. Dans ce dernier cas, cela vient gonfler le résultat de près de 6000 euros par rapport à la situation initiale ! Sans compter le gain de temps notamment sur la traite.

Saturation des outils

Le droit à produire des exploitations va progresser dans les prochaines années sans que les producteurs aient à investir en bâtiment ou en foncier. Les mises aux normes ont été faites, l’heure est à la saturation des outils existants. Face à ce constat, reprenons notre exemple initial et appliquons lui une reprise de 50 000 litres avec intensification du litrage par ha de SFP pour éviter tout achat de foncier, ou d’aménagement de bâtiment. La référence supplémentaire laissera logiquement moins de place aux céréales que dans le cas 1 et mobilisera 6,3 ha sur les 17,4 ha qui étaient libérés précédemment. Le nombre d’animaux sera, lui, identique à la situation de départ (voir tableau cas 2). Elle aura un effet dilution sur les DPU, les produits divers et autres marges initiales ainsi que sur les charges de structure par le biais d’économies d’échelles. Par contre, la référence influera très peu sur la marge brute laitière, celle-ci étant généralement, en valeur absolue, proportionnelle au volume. Il restera également une surface supplémentaire, estimée à 10,1 ha, pour l’implantation de céréales. Selon que l’on se situe à 420, 600 ou 800 euros par ha, le résultat s’incrémentera de + 12,9, + 18,5 ou + 24,7 euros/1000 L. Dans le cas le plus favorable, le différentiel de résultat se chiffre à plus de 11 000 euros en faveur de l’intensification…

Cogedis

*A l’exception des charges de structure existantes qui restent en place et des DPU qui sont acquis

Photo : Intensifier le lait pour faire plus de céréales : l’option est gagnante... si la technique suit. 

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Date de l'article : semaine du N° du 26 Octobre au 2 Novembre 2007
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