
Après quelques succès, tels que la création d'une retraite complémentaire obligatoire en 2003, la mensualisation du versement des pensions ou l'obtention de certaines revalorisations, la section départementale des anciens exploitants s'attache désormais à améliorer la retraite complémentaire (RCO). "Nous souhaitons obtenir la réversion de 54% basée sur les points gratuits et sur les points cotisés" a déclaré Albert Le Cornec, président de la SDAE. "Nous partageons actuellement notre retraite complémentaire avec nos conjoints, nous ne pouvons admettre que le conjoint en soit totalement privé si nous venons à disparaître". Le syndicat n'admet pas l'existence de critères d'accès qui excluent la moitié des chefs d'exploitation de la RCO. "La distinction de deux catégories de retraités, ceux d'avant 1997 et ceux d'après n'est pas acceptable. Nous devons avoir la possibilité de choisir l'une ou l'autre des conditions d'accès".
Beaucoup de retraités toujours en dessous des 75% du Smic
Pour obtenir les 85% du Smic, objectif figurant dans la loi Fillon, cette retraite complémentaire devrait être majorée en parallèle avec une revalorisation du minimum vieillesse. Trois paramètres influent sur le montant de la RCO: les cotisations, la participation de l'état et la situation démographique. Il n'y a plus qu'un actif agricole pour 3 et bientôt 4 retraités. En partant du principe que la part de l'État n'augmente pas, les actifs devraient être mis à contribution. "Nous sommes bien conscients qu'il est difficile de relever le taux actuel de 2,97%" poursuit Albert Le Cornec "Il n'est pas question d'engager un bras de fer, mais les actifs doivent prendre en compte qu'un jour, ils seront à notre place". Ce taux est de 6% dans le régime général. Quoi qu'il en soit, les 85% sont encore loin pour une majorité de retraités qui ne perçoivent même encore pas les 75% du Smic.
La suppression des minorations est également un cheval de bataille. En 2007, les seuils d'accès aux revalorisations des retraites agricoles ont été abaissés de 32 ans à 22 ans et demi. Dans le même temps, les coefficients de minorations ont été abaissés. "Toutes ces avancées sont significatives. Elles sont l'aboutissement de 5 ans d'efforts. Toutefois, le maintien de ces minorations est intolérable".
Le calcul de la bonification pour enfants passe toujours aussi mal. Elle est accordée en pourcentage de la retraite de base ce qui pénalise les petites retraites. La SDAE demande qu'elle soit forfaitaire et modulée selon le nombre d'enfants. Marie Thérèse Lamy, vice-présidente de la section nationale a précisé qu'au niveau national, le syndicat revendique la mise en place d'un montant plancher pour éviter les bonifications trop faibles et d'un montant plafond pour maintenir l'équilibre des dépenses. Par ailleurs, concernant l'Allocation Personnalisée à l'Autonomie, les anciens défendent le maintien à domicile ou, à défaut, la possibilité de rester en milieu rural et que la perte d'autonomie soit reconnue comme un cinquième risque.
Bernard Laurent
Photo : Albert Le Cornec, président de la Section Départementale des Anciens Exploitants de la FDSEA et Mary Thérèse Lamy, vice-présidente de la section nationale, lors de l'assemblée générale à Vannes le 4 octobre 2007