
Les Cuma ont toujours innové". C’est à partir de ce constat que Dominique Guého de la FDCuma 56 a décidé d’organiser une journée autour du tracteur chenille. "Le but est de montrer aux adhérents du matériel innovant pour un avenir assez proche, explique l’animateur. Les chantiers sont plus importants et les outils de plus en plus larges. On cherche à rentabiliser le matériel tout en préservant les sols. La chenille peut répondre à cette demande". A l’image de la Cuma du Sillon à Guer (56) qui accueillait la démonstration. Cette Cuma, qui regroupe 1 300 hectares, a investi l'année dernière dans un combiné de semoir de 6 mètres et dans un tracteur de 250 chevaux. À cette puissance, les problèmes de compactage de sol peuvent apparaître. En sachant que la porosité d'un sol conditionne le rendement, les adhérents s’interrogent sur le concept.
500 gr/cm2 au sol
Aco a répondu à l’invitation en mettant à disposition son nouveau modèle à chenilles pneumatiques, le Challenger MT 700. Le nouveau tracteur de Caterpillar a retenu les reproches faits à l'ancien modèle sur son manque de polyvalence. Réservé principalement au travail des champs, le chenillard est homologué à 40 km/h sur route. "Avec du confort en cabine, renchérit Pascal Le Couëdic, le responsable commercial national de la marque. Cependant, son utilisation doit se cantonner principalement au travail des champs". Le tracteur d'une puissance de 320 chevaux pèse 16 tonnes. Un poids qui se répartit sur une grande largeur de contact au sol, le compactant deux fois moins (500 gr/cm2) qu'un tracteur de poids équivalent en pneumatique. Le patinage est quasi-inexistant, en moyenne de 1%, "sans lester le tracteur".
L'efficacité au champ s'en trouve améliorée : Le débit supérieur de chantier est estimé à 30%, en économisant du gazole et en préservant le terrain. "Les sols sont travaillés dans de meilleures conditions climatiques car la fenêtre météo se réduit" ajoute Pascal Le Couëdic.
Outre-manche, le marché explose. 70 à 80 tracteurs sont vendus par an, principalement dans le Nord-est de l'Angleterre, où 80% des exploitations comptent plus de 600 ha. Là-bas, la préservation des sols a permis de meilleurs rendements. "Ils enregistrent des gains de rendement moyen de 3% en céréales".
Utilisées quasi uniquement sur les parcelles, les chenilles sont changées tous les deux ans en moyenne. Leur durée de vie est équivalente à celle des pneumatiques dans les mêmes conditions d'utilisation, avec une différence de coût par rapport aux pneumatiques supérieure de 10%.
Le prix ? Il varie de 180 000 euros pour le modèle de 270 chevaux à 300 000 euros pour le modèle de 600 chevaux. L'investissement pourrait intéresser les Cuma de 1 500 à 2 000 ha qui travaillent 700 ha de terre par an. À ce jour, 21 tracteurs chenilles de cette puissance ont été vendus en France.
Bertrand Caro
Photo : Le concept chenille : les Cuma bretonnes n'excluent pas de s'y intéresser dans un avenir proche