
L'offre de dinde a continué à se réduire sur les 7 premiers mois de 2007. Une baisse de l'ordre de 10,7 % en tonnage dont 7 % lié à la baisse du poids moyen et 3,8 % lié à la diminution du nombre d'animaux produits", annonce Gilles Le Pottier, du Cidef. Cette réduction des abattages traduit les difficultés rencontrées par l'amont. C'est le contrecoup de la grippe aviaire et d'un contexte sanitaire pesant, notamment au niveau de l'histomonose. La longueur du cycle de production est une contrainte supplémentaire. Il faut en effet 4 à 5 mois pour sortir un lot de dindes.
Légère progression des mises en place
Les résultats techniques s'améliorent, mais la rentabilité est handicapée par l'augmentation du prix de l'aliment. L'envolée des matières premières concerne les céréales et le tourteau de soja (283 euros/t.). Il n'y a pas beaucoup d'alternatives, face à une demande mondiale élevée en céréales et en graines oléagineuses.
Dans ce contexte, les marges des producteurs stagnent et les mises en place progressent lentement. "En août, la moyenne des mises en place hebdomadaires s'élève à 1 358 000 têtes (+ 5,1 %), le poids moyen reste autour de 9 kg pour les dindes de découpe. Fin juillet, les stocks étaient faibles (1,8 semaine de production)", poursuit G. Le Pottier. La demande supérieure à l'offre tire vers le haut le prix de filets et des cuisses de dindes.
Rôle majeur de la France
"Au premier semestre 2007, les importations ont chuté de 11 % mais le solde commercial des préparations devient chroniquement déficitaire, sous la pression des produits élaborés venus d'Allemagne et du Brésil". Le Brésil domine largement les fournitures de viande de dinde vers l'UE (91,5 %).
L'Allemagne est le plus grand partenaire commercial des pays de l'UE (25 % des flux), devant le Royaume Uni, la Belgique, les Pays Bas et l'Espagne. Avec 27 % du commerce entre Etats membres, la France continue de jouer un rôle majeur même si sa place est érodée. Progressivement, les Pays de l'Est rencontrent les mêmes contraintes que nous.
Les accords OMC
L'application des accords OMC attribuant des droits ad valorem à taux très bas est effective depuis le 1er juillet dernier. "Ces accords concernent la viande de volaille salée saumurée, les préparations à base de poulet et de dinde. Les importations sont contingentées à 264 245 t. pour la viande salée et 103 896 t. pour les préparations de dinde (92 300 t. Brésil). Au-delà de ces tonnages, les importations supportent des droits au taux plein", déclare G. Le Pottier.
Les premiers bilans montrent une réalisation quasi-complète des contingents pour le Brésil. En dehors de la Thaïlande pour le poulet, les autres pays utilisent peu ces contingents. D'où le souhait de la Commission de revoir les textes d'application de l'accord pour faciliter l'accès au marché européen en abaissant à 10 t. la demande minimale au lieu des 100 t. prévues par le règlement. "Cette proposition est surprenante car les droits de douane sont quasi-inexistants pour ces marchandises. Qu'en sera-t-il de la traçabilité et des contrôles si les demandes de certificats s'appliquent à de trop petites quantités ?", demande le délégué général du Cidef.
Patrick Bégos
Photo : Malgré l'amélioration des résultats techniques, les marges des producteurs stagnent.