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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Porcs | Article n°7758 |
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Crise porcine / Unanimité dans la filière - “Des restitutions pour dégager le marché et vite”
 
De jour en jour le contexte porcin se tend. Le prix à la production perd régulièrement du terrain, alors que les hausses alimentaires déjà fortes semblent difficiles à contenir. En fait se cumulent plusieurs phénomènes : une surproduction européenne forte (107 % d’autosuffisance), une hausse exceptionnelle du prix des matières premières, des distorsions de concurrence sur le marché mondial liées aux farines animales interdites en Europe, à l’utilisation de céréales OGM dans certains pays , aux contraintes sociales ou  environnementales …
La situation est telle aujourd’hui que dans l’immédiat seul un dégagement de production peut permettre, sinon d’amorcer un relèvement des prix, du moins de stopper l’hémorragie pour ne pas se retrouver dans quelques semaines avec un porc à 1 euro le kilo ou moins. D’où cette unanimité dans la filière pour réclamer des restitutions à  l’exportation, vite et en quantités suffisantes. Le Comité de gestion devait se pencher sur cette demande hier jeudi 18 octobre à Bruxelles.

Actionner tous les leviers

C’est ce qui explique les nombreuses actions conduites en ce début de semaine par les syndicalistes (FDSEA/Jeunes Agriculteurs). Lundi matin en effet, les Jeunes Agriculteurs de l’Ouest ont bloqué pendant quelques heures la sortie des marchandises de la plupart des abattoirs. Une action symbolique, car les jeunes savent que le blocage prolongé des outils dans un tel contexte est suicidaire. Elle visait à mobiliser l’ensemble de la filière autour du seul message : obtenir des restitutions à l’exportation.
L’après-midi au MPB, ils ont de nouveau pu le relayer auprès de Jérôme-André Gauthier, conseiller pour les productions animales auprès du ministre de l’Agriculture, Michel Barnier. Et le soir, lors d’actions devant les préfectures bretonnes, ce sont les préfets qui ont été alertés. Des délégations ont été reçues  et certains préfets sont même venus à la rencontre des manifestants. Les parlementaires ont aussi été mis à contribution.
Si les pouvoirs publics semblent adhérer à cette demande professionnelle, au sein de l’Union européenne, il n’y a pas forcément d’unanimité pour aller dans ce sens. Certains pays comme le Danemark, préfèrent le stockage privé. De fait, il était difficile lundi d’avoir  l’assurance qu’une décision serait prise rapidement. « Pourtant, estime Jean-Jacques René, responsable porc en Côtes d’Armor, il y a urgence. A 1,10 euro le prix de base au MPB et un aliment à 250 euros/tonne, ce sont entre 30 et 35 euros de perte par porc ». Aux dires des éleveurs eux-mêmes, les trésoreries se tendent déjà et les banques ne semblent pas décidées à laisser les situations se dégrader. Mardi, le ministre de l’Agriculture a d’ailleurs annoncé le déblocage d’une aide d’urgence de 2,5 millions d’euros destinée à l’allègement des charges.

Quelle solidarité ?

Des solutions dans l’urgence mais pour le moyen terme pas ou peu de propositions. Et comme lors des précédentes crises, la stratégie se limite à courber l’échine en attendant qu’un bassin de production lâche prise et permette un nouvel équilibre offre/demande. Pourtant tout  le monde s’accorde à reconnaître qu’il ne s’agit plus tout à fait du même scénario, compte tenu de l’envolée du prix des matières premières. Quelques-uns s’avancent pour réclamer un peu de solidarité de la part des céréaliers, argumentant que les productions animales ont permis ces dernières années aux bassins concernés de trouver des débouchés. Par sûr que dans le contexte actuel leurs portefeuilles aient des oreilles.
Quant à la grande distribution épargnée cette fois par les actions (sauf en Ille-et-Vilaine) elle reste accusée d’avoir des pratiques commerciales qui ne favorisent pas la consommation. «A certains moments, elle pratique des tarifs promotionnels complètement déphasés par rapport à la réalité des coûts et  à d’autres moments affiche des prix de nature à décourager les achats », explique  le Costarmoricain Paul Auffray, secrétaire général de la Fédération nationale porcine.
Les actions conduites  par les éleveurs ces dernières semaines semblent cependant de nature à les ramener à un peu plus de dialogue au sein de l’interprofession. De là à dire qu’elles vont céder aux demandes professionnelles, c’est  moins sûr. Le très libéral rapport de la commission Attali, dont on a dévoilé quelques aspects en début de semaine ne manque pas d’inquiéter. Le peu de gardes-fous qui existaient pourraient disparaître.

Pierre Dénès

Photo : Au MPB, les responsables syndicaux des FDSEA et des Jeunes Agriculteurs ont martelé que la situation des éleveurs devenait intenable et qu’il fallait agir vite. 


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Date de l'article : semaine du N° du 19 au 26 Octobre 2007
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