
Le bilan porcin polonais est désormais excédentaire. Le taux de couverture varie cependant selon les années, 101% en 2002, 107% en 2006. La production polonaise est très réactive vis-à-vis du marché, tout comme la consommation qui connaît des fluctuations importantes. Cette dernière est élevée: de l'ordre de 50 kilos par habitant (35 kilos en France).
Les échanges se sont accrus depuis l'entrée dans l'UE. Les importations ont augmenté. Une partie croissante de la demande s'oriente vers des produits de meilleure qualité. Dans le même temps, les exportations ont gagné de l'importance. Les principaux destinataires sont les autres nouveaux membres de l'UE. Les ventes se développent aussi vers la Biélorussie et l'Ukraine.
Les élevages, créés par des étrangers, en léger recul
La production porcine est répartie sur l'ensemble du territoire. Les structures d'élevage se concentrent, mais elles restent de faible dimension. Les éleveurs ayant moins de 10 porcs représentent encore une part significative du cheptel polonais, proche de 20%.
L'évolution est lente. Les grandes structures, souvent créées ou reprises par des investisseurs étrangers, sont en léger recul. Aujourd'hui, le pays compte environ 80 fermes de plus de 5000 porcs, dont une vingtaine avec la participation financière d'étrangers. Cette situation résulte d'un climat défavorable à ce type d'entreprises, aussi bien de la part de la population locale que des autorités. La politique louvoie entre l'appréciation négative de l'opinion publique (perte d'emplois, impact sur l'environnement) et la volonté de restructurer le secteur, ce qui aboutit à figer la situation. Parmi les principaux opérateurs figure le groupe Prima Farms, filiale de Smithfield Foods.
Avec 8,4 millions d'hectares consacrés aux céréales, la Pologne produit suffisamment pour nourrir ses animaux. Par contre, la couverture des besoins en protéines nécessite de recourir à l'importation. La production de matières premières est à l'image de l'agriculture, très dispersée, avec pour conséquences des rendements médiocres et des qualités diverses. L'aliment porcin est souvent fabriqué sur l'exploitation.
L'abattage se modernise
Les investissements réalisés ces dernières années ont visé à adapter les abattoirs aux normes sanitaires et vétérinaires de l'UE. Beaucoup d'entreprises ont été fermées. Parmi les nouveaux États membres, la Pologne a été le principal bénéficiaire du programme spécial d'adhésion et de développement rural. 87% du budget alloué à la Pologne par la commission pour les exploitations agricoles et l'industrie de la viande, ont été destinés à la modernisation de l'aval.
Le degré de concentration reste encore très faible: en 2005, le pays comptait encore 2000 outils en fonctionnement, toutes espèces confondues. Par ailleurs, le taux d'endettement est élevé dans l'aval de la filière.
Les deux principaux opérateurs sont des groupes étrangers: Sokolow (détenue à 50% par Danish Crown) et Animex (détenue à 49% par Smithfield) concentrent respectivement 18% et 13% des abattages polonais. La société Duda, entreprise polonaise créée en 1990, occupe une place dans presque tous les maillons de la filière. Orientée vers l'exportation de la viande, Duda investit aussi en Ukraine. D'autres investisseurs étrangers sont présents à l'aval sur le territoire comme Stockmeyer (Allemagne) et Tycan (Danemark). La production porcine polonaise évolue lentement. D'un côté, les élevages traditionnels, sensibles au marché, assurent le quotidien d'une société encore très rurale. De l'autre, une production rationnelle se met en place, destinée à répondre aux besoins nouveaux de consommateurs dont le pouvoir d'achat s'accroît. L'importation alimente aussi ces derniers.
Source : Baromètre porc
Photo : Le bilan porcin polonais est désormais exédentaire, 107 % en 2006.