
J'ai converti mon exploitation en agriculture biologique en 2006" déclare Dominique "J'y pensais depuis longtemps mais les prix n'étaient pas très incitatifs". L'augmentation régulière de la demande de produits bio et plus accessoirement son allergie au pulvérisateur l'ont poussé à franchir le dernier pas. "Je travaillais déjà avec un système basé sur la production à l'herbe. Le changement de système n'est pas déstabilisant".
Dominique s'est installé en 1992. La structure actuelle compte 58 hectares de SAU et 260 000 litres de quota. 53 Montbéliardes produisent 5 700 litres de lait à 40,5 et 33,5. La référence matière grasse étant très élevée, la livraison annuelle approche 285 000 litres. "J'ai progressivement augmenté le nombre de Montbéliardes en raison de leur rusticité. Les vaches dorment souvent dehors dans la mesure où la paille est achetée". Sept hectares de maïs sont implantés, dont deux sont vendus en grain. "Les rendements en maïs sont bons. Le problème en bio, c'est l'équilibre de la ration avec du maïs. Il faut donc ajuster les apports". Les intrants sont limités, 500 kilos de minéraux et 15 tonnes de paille. Au niveau des amendements, 12 tonnes de carbonate de calcium et 100 tonnes de compost sont achetés en moyenne sur l'année.
L'introduction du maïs dans la rotation se fait en fonction de l'état de la prairie. "L'objectif est de faire vieillir les prairies au maximum, une quinzaine d'années si possible". Le parcellaire est groupé grâce à de nombreux échanges avec des voisins. Les vélages ont lieu toute l'année avec l'objectif de les grouper au printemps et en été. Dominique travaille seul sur l'exploitation. Il adhère à une Cuma intégrale pour les labours, les semis, le travail du sol et le pressage du foin. L'andaineur et le faneur sont en copropriété. Le lait est payé au prix du conventionnel jusqu'en 2008. " Les aides liées au CAD contracté lors de la conversion sont de 14 000 euros les 2 premières années, 7 500 euros les troisièmes et quatrièmes et 3 000 la dernière année".
Bernard Laurent
Photo : Lors d'une porte ouverte organisée par le Gab et la Chambre d'agriculture, Dominique Le Crom a présenté son exploitation aux éleveurs et aux étudiants par petits groupes.