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Exploitations laitières / L’avenir des petites structures en question - Une volonté politique forte nécessaire
 
L’avenir des petites exploitations laitières, thème choisi par la Confédération Paysanne Bretonne pour son assemblée générale, mardi 25 septembre à Loudéac. Ce choix peut paraître un peu surprenant dans un contexte laitier où il est surtout question d’agrandissement, de restructuration, de libéralisation des quotas.
Avant de tenter d’y répondre, la Confédération avait d’abord invité Mathilde Boutin à présenter une étude réalisée sur les petites exploitations laitières bretonnes dans le cadre d’un stage de fin d’études à l’Agro de Rennes. Après avoir fixé comme seuil  à 120 000 litres par UTA pour déterminer la qualification de « petites exploitations », la  première difficulté a été pour elle de pouvoir repérer les petites exploitations. «Les entreprises laitières, les contrôles laitiers … n’ont pas souhaité nous donner les noms de ceux qu’ils connaissaient pour des raisons de confidentialité ». Il a donc fallu qu’elle s’appuie au départ sur des réseaux locaux  (Cedapa, Adage, GAB… ) et élargir ensuite par relations.

Plusieurs portraits

Mathilde Boutin précise donc qu’il ne s’agit pas d’une enquête purement statistique. Mais en ressort quelques éléments intéressants. Ainsi la plupart des personnes enquêtées affirment avoir fait le choix de s’installer sur une petite structure. « Un projet de vie différent ». Elles ont pris en général des risques limités, souvent freinées (une sur deux) par un manque de soutien (pas d’aides à l’installation). Fonctionnant majoritairement dans des systèmes alternatifs (bio, réseau agriculture durable, circuits courts …), ces exploitations dans des systèmes herbagers ont des pratiques plus respectueuses de l’environnement (MAE, CAD). Elles sont en recherche d’autonomie et pour certaines veulent valoriser la production hors des circuits traditionnels.

De son côté Jean-François Leclanche d’Agrocampus a aussi apporté des éléments complémentaires sur les petites exploitations à  partir de différentes études réalisées un peu partout sur le territoire. Il souligne la grande diversité de ce qu’il appelle « les petits paysans », et les classe au travers de différents  portraits : petits paysans traditionnels dans la continuité familiale, agriculteurs en transition dans une stratégie d’agriculture conventionnelle, pluriactifs pour préserver un patrimoine, petits exploitants entrepreneurs pas dans le système conventionnel souvent un peu rebelle et revêche, mais engagés dans des démarches innovantes, assurant la transformation et/ou de la vente directe.
Il définit aussi les conditions de la réussite. « Surtout ne pas faire comme les autres, abaisser les coûts de production, viser l’autonomie et valoriser au mieux les ressources (bois), rechercher des nouvelles compétences pour internaliser les coûts, apporter de la valeur ajoutée au travers de la transformation ou en proposant des produits atypiques ».

Faire sauter quelques verrous

Le débat qui a suivi ces deux présentations a souvent dévié, d’autant que la notion de petites ou moyennes exploitations n’est sans doute pas la même pour tous selon  l’orientation prise. Des exploitations moyennes dans le système dit conventionnel  se sentent aussi menacées, parfois plus que des plus petites qui ont par exemple fait le choix de transformer et de vendre.
Les notions de durabilité économique, sociale et environnementale ont été à plusieurs reprises mises en évidence. « Certes il n’y a pas que le revenu qui compte, mais il faut qu’il y ait un revenu », note l’un des intervenants. Un autre souligne que sur son secteur « les candidats à  l’installation sur des petites structures existent, en lait mais aussi dans d’autres productions avec des projets innovants ». Confrontés cependant à des problèmes d’accès au foncier : le prix, la pression locale, la réticence des propriétaires plus enclins à louer ou à vendre à des agriculteurs biens installés…

Au final dans le contexte actuel de libéralisation le  maintien des petites et moyennes exploitations, ainsi que la mise en œuvre de projets différents ne sont pas des faits acquis. «Il faudra une volonté politique forte sur les territoires », souligne le Costarmoricain René Louail. Il constate avec une certaine satisfaction «que des élus et des collectivités territoriales commencent à s’inquiéter du maintien d’un tissu social et rural suffisamment dense».
La Confédération estime par ailleurs « qu’il faire aussi sauter quelques verrous pour l’accès aux aides pour des projets qui sortent du modèle conventionnel, mieux les accompagner, faire évoluer des mentalités dans les organisations et les administrations et sans doute aussi dans les campagnes ». Les petites exploitations laitières auront alors effectivement un avenir.

Pierre Dénès



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Date de l'article : semaine du N° du 12 au 19 Octobre 2007
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