
La progression de la Fièvre catarrhale est constante et rapide. D’une centaine de foyers début juillet essentiellement dans les départements frontaliers du Nord de la France, la barre des 3000 cas est désormais franchie et concerne tout le Nord et l’Est et depuis quelques jours la Normandie. De nouveaux cas ont été confirmés en début de semaine, dont deux dans le département de l’Orne et un dans celui du Calvados. L’un des cas de l’Orne situé à la frontière de la Manche a pour conséquence directe de placer les 14 cantons du Nord-Est de l’Ille-et-Vilaine dans la zone dite de surveillance.
Des règles précises
La Bretagne voit donc la maladie s’approcher de son troupeau. Les responsables professionnels des GDS bretons et l’administration régionale (DSV) ne veulent pas céder à la panique. « Cependant explique, Philippe Hercouet, directeur de la DSV Ille-et-Vilaine, le placement en zone de surveillance impose l’application de nouvelle règles pour les éleveurs et les acteurs économiques de la filière bovine . Le meilleur moyen de contenir l’évolution géographique de la maladie étant la vigilance et la prévention » . Jean François Tréguer, président de l’Union des GDS bretons rajoute : « L’objectif est d’abord d’informer au mieux les éleveurs, avec pour principal message, le contrôle et la limitation du déplacement des animaux ».
Ainsi dans les 14 cantons concernés, les mouvements d’animaux sont réglementés, avec des critères bien précis en fonction de la destination. Le principe de base est que les animaux ne peuvent pas sortir de la zone. Par contre, à l’intérieur de la zone, la circulation des animaux est libre en tenant compte bien évidemment des autres aspects réglementaires. De même, il est possible d’introduire normalement des animaux dans les exploitations de cette zone, sauf en provenance du périmètre interdit (20 Km autour des foyers).
Pour sortir les animaux de la zone réglementée, quelques dérogations existent :
- pour les animaux destinés à l’abattoir en l’absence de signes cliniques constatés par un vétérinaire le jour de départ, avec un transfert direct vers l’abattoir ou en passant par un seul centre de rassemblement situé dans la zone de surveillance. Ils doivent alors être désinsectisés ainsi que les moyens de transport et abattus dans les 24 heures.
- pour les animaux destinés à l’élevage ou l’engraissement, à condition de subir un test sérologique 10 jours avant le départ, et que la désinsectisation soit opérée au moins 28 jours avant le prélèvement de sang.
En ce qui concerne les veaux destinés à l’engraissement, outre les opérations de désinsectisation de départ (animaux et moyens de transport), la désinsectisation doit être poursuivie dans l’atelier pendant 60 jours.
Veille et information
Si administration et GDS bretons incitent à prendre des mesures de protection – traiter régulièrement les animaux, nettoyer les abords des locaux d’élevages et les bâtiments afin d’éviter la prolifération d’insectes- ils ne sont pas favorables à engager les éleveurs dans une vaste opération de désinsectisation en dehors de la zone de surveillance. D’autant que l’efficacité dans le temps n’est pas prouvée en ce qui concerne la FCO.
Le travail de veille, d’alerte et d’information se poursuit. Un numéro spécial de « L’écho sanitaire » édité par les GDS est adressé à tous les éleveurs. Chaque éleveur peut aussi à partir du site internet, en fonction de la situation de son élevage et de la destination de l’animal, connaître les mesures de précaution à prendre.
Pierre Dénès
Légende photo : Le contrôle et la limitation du déplacement des animaux constituent les premières règles de prévention pour ralentir l’extension de la FCO