
L’idée de cette opération est en fait venue d’un groupe d’agricultrices du BV du Leff qui s’interrogeait sur la manière de « poursuivre l’effort en matière d’environnement ». Parmi les idées émises, la réduction de l’utilisation des désherbants pour l’entretien des abords d’exploitations, par l’utilisation d’un désherbeur thermique.
Après une démonstration organisée par Goël’eaux sur Goudelin, la décision a été prise de proposer aux agriculteurs des 2 BV d’adhérer à une campagne d’achat groupé, permettant de réduire les coûts. « Le prix public se situe aux alentours de 150 euros, nous avons pu les négocier à 100 euros », explique Sophie Le Corvaisier, ingénieur à la Chambre d’Agriculture, animatrice des BV de l’Ic et du Leff. L’idée a séduit au-delà des espérances puisque 59 exploitations ont décidé de s’équiper.
Simple et efficace
L’utilisation d’un désherbeur thermique est simple et efficace, même si il faut évidemment prendre quelques précautions : éviter de s’approcher de trop près des tas de paille ou de foin, ou s’éloigner de cuves contenant des liquides inflammables … Elles ont été rappelées lors de la réunion de remise des désherbeurs le vendredi 28 septembre à Plélo.
Le fonctionnement du désherbeur thermique, selon le principe du chalumeau n’est pas de tout brûler, mais de provoquer un choc thermique qui bloque la croissance de la plante. Il suffit de balayer la surface à traiter à 5 cm au-dessus des plantes. La plante chauffée se recroqueville et en moins de deux jours elle périt. « La chaleur provoque un éclatement des cellules ». L’avantage réside aussi dans le fait que l’on peut intervenir par temps humide. Seule une action par un vent trop fort est déconseillée. Sur la consommation de gaz, le fournisseur (EQCM de Ploufragan) annonce 10 à 12 heures d’utilisation pour une bouteille de gaz.
« Cette démarche illustre parfaitement la volonté des agriculteurs et agricultrices de ne pas utiliser de produits phytosanitaires là où il est possible de faire autrement », souligne encore Sophie Le Corvaisier. D’autres actions ont d’ailleurs été conduites sur les BV, comme les formations phyto-santé, les diagnostics de pulvérisateurs, l’achat de kits de protection. « Une mobilisation qui ne se dément donc pas dans un contexte pourtant délicat ».
Pierre Dénès
Légende : Les agriculteurs et agricultrices ont assisté à une petite démonstration lors de la remise des désherbeurs thermiques.