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Des circuits de commercialisation à découvrir / Les fromages de Baradozic en libre-service
 

Éric Sassower n'est pas du genre à attendre que les choses tombent du ciel. Il est même plutôt de ceux qui prennent le bouc par les cornes. Cet ancien directeur de société s'est reconverti, il y a un an et demi, dans l'élevage de chèvre et la production de fromage. Sur les 7 ha qu'il acquiert en 2006 autour de son habitation, il installe son élevage. La chèvrerie est montée en 3 semaines et la fromagerie en une seule. "Je n'ai pas attendu le prêt pour construire" explique l'ex-directeur chez qui l'on décèle rapidement la fibre de l'élevage.
Les 30 premières chèvres de race alpines débarquent à Baradozic en janvier 2006. "C'est le nombre de chèvre estimé pour un UTH quand on transforme tout" explique Éric. La transformation de la première traite est une expérience. "J'ai appris par mes propres moyens, avoue l'autodidacte qui remercie au passage Internet. "Pour la conception du bâtiment d'élevage, j'ai obtenu sur un site canadien les dimensions du quai de traite". Après avoir acheté une remorque réfrigérante, Éric s'aventure sur les marchés de l'été : Lesneven, Saint-Pol de Léon, Plouguerneau et Brignogan. Le commerce marche, si bien que le troupeau accueille 60 nouvelles chèvres fin août.

De l'innovation

Le mois de septembre contraste pourtant avec les précédents. L'affluence des marchés diminue. "Compte tenu de la baisse des ventes, j'ai décidé de prendre contact avec les responsables de rayons de produits frais et les directeurs de grandes surfaces". Son expérience est mise à profit dans les négociations. Les prix proposés se rapprochent de ceux qu'il pratique sur les marchés : de 2 à 3 euros les fromages de 180 gr. "Je n'ai pas eu de difficultés, explique-t-il. L'approvisionnement toute l'année a pesé dans la balance". Une régularité permise par le décalage à la saillie d'une partie du troupeau en novembre (98% de réussite en saillie), et la mono traite. D'abord mise en place pour pallier le déficit de main d'œuvre, l'unique traite du soir a permis de lisser la courbe de lactation et d'apporter une constance dans la production. Le troupeau produit en moyenne 250 L de lait/jour toute l'année jusqu'à 15 jours avant la mise bas, résultat du Contrôle laitier à l'appui. Le tout est transformé en 200 à 300 fromages par jour. La ration a été travaillée avec le fournisseur d'aliment : du foin produit sur l'exploitation et un concentré à base de lin (Coopagri) permet de répondre aux besoins de l'animal.
D'abord distribué à la coupe, les fromages sont devenus "plus accessibles" dans les rayons. "Je leur ai proposé de fournir des fromages sous emballage plastique pour la vente en libre-service" explique l'éleveur. Aujourd'hui, la chèvrerie de Barazodic approvisionne dix-sept grandes surfaces. Pas question pour autant d'abandonner les marchés et la vente directe à la ferme,"pour le contact privilégié avec la clientèle". Actuellement un agrément est en cours. Il permettra à la chèvrerie de Baradozic de répondre à la demande et d'écouler plus de 30% de sa production en magasin.

Le site : http://www.lachevreriedebaradozic.fr


Bertrand Caro

Légende :  Les cornadis de la salle de traite, fait maison. Les deux mois de délai de commandes pour obtenir le matériel en inox ont incité Éric à réaliser lui-même l'installation.


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Date de l'article : semaine du N° du 5 au 12 Octobre 2007
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Les glaces, délices de la ferme de Patricia et gilles





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