
C omme les autres volailles, la pintade a bénéficié de l'essor des productions avicoles en multipliant ses volumes par 3 entre 1965 et 1980. Depuis, la production a plutôt stagné autour de 34 000 t/an. "La standardisation des modes de production et la course aux prix de revient ont fait craindre que la pintade ne perde les caractéristiques qui font son originalité et sa qualité", explique Jean Champagne, délégué du Comité interprofessionnel de la pintade (CIP). Les différents maillons de la filière (sélectionneurs, accouveurs, éleveurs, fabricants d'aliment, abattoirs transformateurs,…) se sont regroupés, depuis 1987, au sein du Comité.
La qualité de l'offre
"Notre premier objectif est d'améliorer la qualité de l'offre en identifiant les causes d'hétérogénéité, de mortalité et de problèmes cutanés sur les animaux", poursuit Jean Champagne. En ayant des lots plus homogènes, moins de carcasses déclassées et une meilleure présentation des produits, les éleveurs auront de meilleurs résultats économiques et les abattoirs moins de difficultés pour assurer une meilleure présentation du produit aux consommateurs.
La pintade est peu visible dans les rayons libre-service des magasins et rarement signalée. Cette visibilité devrait être améliorée par une opération menée avec 4 abattoirs qui testeront un packaging spécifique utilisant une barquette noire et un film plastique imprimé avec des plumes de pintade.
Découpe et produits élaborés
L'offre de pintades est bien segmentée au niveau des signes officiels de qualité (standard, certifiée, label, bio,…) et des produits festifs. Il n'en est pas de même pour la découpe et les produits élaborés. "La moitié des pintades standard est découpée, mais l'offre actuelle mérite d'être plus connue, auprès des distributeurs, des consommateurs et de la RHD". Pour les produits élaborés, des tests sont en cours dans une entreprise spécialisée (Moypark) pour mettre au point et commercialiser des produits cuits à base de pintade, consommés en apéritif ou en salade. Le tiers de la consommation de pintade se fait désormais en RHD, mais il reste encore des perspectives de développement.
Dans les circuits traditionnels
"La pintade est la volaille pour laquelle la part des circuits traditionnels est la plus forte, dans l'approvisionnement des ménages, grâce au rôle de prescripteur du distributeur et malgré un prix plus élevé que les autres volailles", souligne Jean Champagne. "Dans ce type de circuit, les ventes peuvent être améliorées, grâce aux promotions, aux conseils, aux livrets de recettes et aux affiches". Dans les GMS, "la semaine de la pintade" va aussi permettre de mieux la faire connaître, grâce aux éleveurs animateurs. Parallèlement, des efforts vont être engagés pour développer les exportations françaises. La France exporte plus de 20 % de sa production, notamment vers l'Union Européenne, (Royaume Uni, Belgique, Allemagne), sous forme de pintades vivantes, de découpes et de carcasses entières.
Patrick Bégos
Légende : Pour les responsables du Comité interprofessionnel, le marché de la pintade peut être amélioré par une meilleure offre et plus de visibilité dans les rayons.