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Truies gestantes en groupe : Choisir un système qui plaît
 
Lors des portes ouvertes de Guernevez sur le logement des truies en groupe le 27 septembre dernier, l'ensemble des systèmes ont été présentés en salle ou sur l'élevage par les ingénieurs de la Chambre d'agriculture. Si le choix retenu a peu d'impact sur les résultats techniques, il n'en est pas de même pour le coût et surtout pour l'organisation du travail dans l'élevage. «Il n'y a pas de dispositif supérieur à un autre. Chaque système a ses avantages et ses inconvénients » déclare Jean-Yves Jegou de la Chambre d'agriculture « L'essentiel est de choisir le système qui plaît le plus à l'utilisateur ».
Le nombre de truies par groupe, la distribution d'aliment au Dac ou à l'auge, la disposition des cases  sont autant d'éléments à considérer. « Les petits groupes permettent un repérage facile de chaque truie et offrent plusieurs possibilités pour l'alimentation à l'auge. Ils exigent, par contre, la constitution de groupes homogènes et n'accordent que peu de distance de fuite pour une truie en cas d'agression ». A l'inverse, la conduite en grand groupe permet de loger toutes les truies d'une même bande, quel que soit leur gabarit, dans la même case. Elle permet aussi de mélanger des truies de différentes bandes en conduite dynamique. L'alimentation se fait alors principalement au Dac. « Le repérage des truies avec détecteur de puces est fiable. Il permet un tri automatique pour la sortie d'un lot de truies par exemple » poursuit Jean Yves Jegou.

Les bat-flancs de 30 à 50 cm, mieux indiqués

Le système d'alimentation avec auge impose la présence de bat-flancs pour éviter la compétition. « Ces séparations ne doivent pas être trop longues. 30 à 50 cm derrière l'auge suffisent. Une truie qui veut prendre la place d'une autre à l'auge mordra à l'épaule. Cette dernière cédera sa place en reculant. Si les bat-flancs sont trop longs, la morsure se fera à la vulve. La truie agressée se bloquera à l'auge accentuant ainsi les blessures ». Un système sans bat-flanc est possible à condition de surélever l'auge et de prévoir une simple marche pour les pattes avant. « Les réfectoires autobloquants répondent également à la réglementation. C'est la solution la plus proche des truies bloquées. Elle interdit toute compétition alimentaire ». C'est la solution la plus sécurisante pour les éleveurs mais aussi la plus onéreuse. A l'auge, l'alimentation peut se faire en soupe ou à sec avec doseurs. Ces doseurs peuvent être réglés de manière à ce que l'aliment s'écoule lentement pour éviter la compétition entre les truies.

3 à 5 centimes d'euros par kilo

En construction à neuf, la place de gestante revient à 1100 euros en système Dac ou bat-flanc sur caillebotis. La place en réfectoire est estimée à 1400 euros. L'incidence sur le coût de production est de 3 à 4 centimes d'euros par kilo dans le premier cas et de 4 à 5 centimes pour le réfectoire. Pour les systèmes sur paille, il convient de rajouter 1 à 2 centimes d'euros pour la litière et la main d'oeuvre supplémentaire. Jean Yves Jegou met cependant les éleveurs en garde «Sur litière, les éleveurs sont tranquilles pour une trentaine d'années. Sur caillebotis, rien ne dit que la réglementation n'évoluera pas encore ».
En cas de rénovation de bâtiments existants, le coût de la place est moindre en système bat-flanc, surtout sans couloir avant, et plus important en réfectoire. Le système Dac se situe entre les deux et correspond à un peu moins d'un centime d'euros sur le coût de production.
Au final, le choix du système dépendra donc du ressenti de l'éleveur. Comme le signalait l'un d'entre eux à Guernevez « On oubliera le prix au bout de quelques mois. Le matériel ou le système choisi, on travaillera avec pendant une vingtaine d'années ».

Bernard Laurent

 Dans notre prochain dossier du 2 novembre sur les bâtiments du   futur : des témoignages d'éleveurs sur la conduite  d'élevage des truies en grands groupes avec Dac ou en petits lots avec alimentation à l'auge. 

 Légende : Un lot de truies au Dac à Guernevez (29). "Sur paille, la réglementation bien-être n'évoluera pas. Sur caillebotis, il y aura toujours un risque".


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Date de l'article : semaine du N° du 5 au 12 Octobre 2007
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