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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Bovins Viande | Article n°7714 |
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Possibles effets négatifs de la hausse du prix du maïs / La filière en appelle à ses éleveurs
 

La flambée du prix des matières premières n'a décidément pas fini de faire parler d'elle. À l'heure où les chantiers d'ensilage s'organisent, des responsables professionnels de la filière Jeunes Bovins en Ille-et-Vilaine ont souhaité faire le point, vendredi 28, sur l'une de ses conséquences : "vu les cours actuels du maïs, certains éleveurs hésitent à le vendre au lieu de l'ensiler pour les JB, pose Jean-Louis Hervagault, lui-même naisseur engraisseur et président de la commission bovine à la Chambre d'agriculture d'Ille-et-Vilaine. C'est une stratégie à court terme qui va déstabiliser la filière !"

De bons fondamentaux

Une raison en particulier incite les professionnels à faire front : "les fondamentaux du marché de la viande sont bons. La production ne couvre pas la consommation. L'embellie sur le secteur laitier va se traduire, au moins dans un premier temps, par une réduction des disponibilités en vaches de réforme laitières et le JB de type laitier pourrait venir en substitution. Le JB de type allaitant peut aussi de ce fait trouver une place encore grande sur le marché français", explique Christian Veillaux, de la Chambre d'agriculture d'Ille-et-Vilaine.
Face à ces besoins de consommation, la Bretagne présente l'avantage d'avoir des outils de production performants, une filière structurée, une traçabilité désormais en place et correspondant aux attentes des consommateurs. "Nous disposons d'un réel savoir-faire, nos élevages sont aux normes. Casser les efforts réalisés serait de la folie", s'insurge Jean-Louis Hervagault. Pour Pierre Aubrée, président de d'Arco, "la filière traverse actuellement un passage difficile mais un élevage qui dispose de bâtiment et de main d'œuvre doit continuer à produire". L'amortissement du matériel et des bâtiments est en effet à prendre en compte dans le calcul du prix d'intérêt du jeune bovin à l'échelle de l'exploitation. La décision d'ensiler ou pas doit résulter d'une réflexion globale intégrant les performances de son atelier d'engraissement et les marges de la culture de maïs, toutes les zones n'étant pas égales sur ce dernier point.

Jouer collectif

Il est une conséquence qui concernera tous les éleveurs si la production de JB s'avère effectivement diminuée : "les abattages seront réduits, ce qui se traduirait par une baisse des volumes de viande disponible alors que le déficit de production était déjà de 6 % en 2006. Cette baisse laisserait la porte entre ouverte aux importations du Mercosur", avertit Christian Veillaux. Des pays qui ne tarderaient pas à prendre la place laissée vacante par la France (à l'heure actuelle, la moitié de la production française de JB est destinée au marché extérieur) et, on le sait, un retour en arrière est toujours délicat voire impossible en la matière.
Pour anticiper les éventuels départs de production, les représentants des producteurs appellent à davantage de contractualisation, à l'image de ce qui se met actuellement en place à Terre Elevage (qui compte une centaine d'éleveurs en Ille-et-Vilaine). "Nous avons décidé de contractualiser, en tenant compte des prix actuels, deux-tiers des mises en place, indique Jean-Marc Lalloué, agriculteur en Loire-Atlantique et vice-président de Terre Elevage. La situation sera réactualisée fin décembre." Enfin, les professionnels ont appelé de leurs vœux une meilleure répartition des marges pour que la hausse du prix des matières premières ne soit pas uniquement répercutée sur le coût de production, un élément clé pour remotiver le maillon "production".

Anne-Laure Lussou

 

Légende : Jean-Marc Lalloué, vice-président de Terre Élevage, Pierre Aubrée, président d’Arco, Gérard Lehuger, membre de la commission bovine Fdsea 35 et FNB et Jean-Louis Hervagault, président de la commission bovine à la Chambre d'agriculture 35.


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Date de l'article : semaine du N° du 5 au 12 Octobre 2007
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