
Les installations de traite. Il y en a pour tous les goûts et pour tous les coûts. Aujourd'hui, le coût d'un bloc de traite dépasse facilement les 1 500 ?/VL (1 650 ? en moyenne pour une installation épi 2 X 6 – 60 VL). Le bâtiment représentant souvent plus de 50 % du coût total du bloc de traite, avec une part importante pour la maçonnerie (35 %).
Bref, quand on investit dans un bloc de traite, il ne faut pas forcer pour atteindre un total de 100 000 euros. Tout cela pour rappeler que le choix de l'installation de traite n'est pas anodin sur la rentabilité globale de l'élevage laitier. Et même si parfois il y a une part d'irrationalité dans le choix des équipements, il est donc essentiel de prendre sa calculatrice avant de choisir.
Approche financière
Cet aspect financier était abordé lors des portes ouvertes organisées sur le département, par la Chambre d'agriculture, le Contrôle laitier et les laiteries.
"Il faut se fixer un objectif de revenu", a répété Pascale Morin, conseiller lait à la Chambre, pour bien montrer l'impact de tout investissement. Et de citer des chiffres-clés que chaque éleveur laitier doit avoir en mémoire sur son exploitation : "L'objectif est de dégager un excédent brut d'exploitation de 200 ?/1 000 L. Deux cents euros qui serviront à payer les charges financières (viser 60 ?/1 000 L maxi), la main-d'œuvre (viser 130 ? pour les prélèvements privés et les charges sociales). Sans oublier une marge de sécurité (15 ?/1 000 L) qui servira pour l'autofinancement ou/et pour améliorer la trésorerie".
Cette répartition financière est d'autant plus capitale à connaître que le choix d'un équipement engage l'éleveur pour longtemps. "L'investissement dans le bloc de traite peut entraîner de 10 à 45 ?/1 000 L d'annuités pendant 9-10 ans", chiffre la conseillère. Et de mettre en parallèle différentes options possibles et leur coût pour un troupeau de 60 VL : "Avec une salle de traite épi 2 X 6 avec décrochage automatique, il faut compter 12 ?/1 000 L d'annuités ; en épi ligne haute 1 X 8, 11 ?/1 000 L ; en TPA 2 X 6 avec décrochage, 15 ?/1 000 L ; avec un robot (1 stalle), 41 ?/1 000 L". Reste que ces chiffres bruts doivent être appréciés en intégrant d'éventuels coûts supplémentaires de main-d'œuvre, en analysant l'approche personnelle que l'on a de la traite, les priorités que l'on se fixe, etc.
Traire en une heure
Connaissant sa capacité financière, l'éleveur peut passer à l'étude des critères plus techniques qui détermineront le choix final de l'installation de traite.
Entre autres, le choix d'une installation est souvent conditionné par le temps de traite que l'on est prêt à consacrer deux fois par jour, sept jours par semaine. Il y a là de grandes nuances entre les éleveurs qui, soit considèrent la traite comme une corvée, soit comme un moment de détente…
Se fixer une durée de traite d'une heure tout compris semble un bon compromis. Il faut donc veiller à ce que le temps de lavage ne joue pas trop les prolongations (trop de surface à nettoyer, trop de coins et recoins, etc.). "Pour parvenir à cet objectif d'une heure par traite, il faut prévoir environ 5 vaches par poste de traite", indique Évelyne Blanchard, conseiller lait à la Chambre d'agriculture.
Pour 60 vaches, une salle de traite en épi 2 X 6 convient donc, à condition qu'elle soit équipée du décrochage automatique. Pour 80 VL, une 2 X 8 correspond encore aux besoins à condition toutefois d'être deux trayeurs.
Cette équation nombre de vaches sur nombre de postes ne doit pas occulter les perspectives d'évolution éventuelles. En faisant toutefois attention au coût des surinvestissements non utilisés pendant plusieurs années dans l'attente d'un éventuel agrandissement.
Ménager le trayeur
La traite ayant lieu en général deux fois par jour, les conditions de traite sont un critère important dans le choix de la salle de traite. Certains équipements peuvent entraîner des déplacements plus ou moins importants qui sont ressentis comme étant de plus de plus en pénibles quand les années passent. La cadence imposée par l'installation est également à prendre en considération.
L'accessibilité des mamelles n'est pas non plus à négliger, tout comme la position du trayeur : un dos trop sollicité tient moins longtemps qu'une salle de traite mal équipée. Enfin, la sécurité fait aussi partie des critères de choix. Tout comme la propreté du trayeur qui est intimement liée à l'orientation des vaches…
Didier Le Du
Photo : Jacques Gouyec et Jean-Pierre Guillou, à Mellac, ont investi dans une salle de traite épi 50 ° 2 X 8, ligne haute, simple équipement, traite par l'arrière. "Ce choix a permis d'installer le bloc traite dans un bâtiment en pierre existant. Ce qui réduit l'investissement d'autant", expliquent les éleveurs.