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Qualité / Des enjeux pour la filière bretonne - L'engagement qualité, oui, mais du donnant-donnant
 
La qualité est un thème sur lequel les agriculteurs bretons sont partagés. Ces derniers la conçoivent parfois comme un engagement contraignant, surtout en temps. "Il faut démystifier ce côté investissement, martèle Jean-luc Fossé, le représentant les Chambres d'agriculture de Bretagne, un des initiateurs de la conférence "Les enjeux de la qualité" au Space regroupant différents responsables de la filière agricole. "Une démarche qualité peut permettre justement d'en gagner". L'enregistrement des pratiques par exemple profite pleinement à l'exploitant, qui peut s'en servir pour piloter son exploitation et simplifier ses démarches administratives.

La qualité en amont pérennise l'entreprise

En aval, la qualité est d'ailleurs considérée comme un véritable enjeu. Christian Tacquard, de l'Association bretonne des entreprises agroalimentaires (ABEA) l'explique simplement. "Si nous recevons des matières de qualité en amont, nous fabriquerons de bons produits au final. Aujourd'hui, c'est le consommateur qui décide. Le produit corrobore l'entreprise". Le groupe Loc Maria qu'il préside achète 2 500 tonnes d'œufs par an. Le contrat qualité qui lie l'entreprise avec les producteurs est bénéfique dans les deux sens. "Nous travaillons sur des contrats d'achat. Ce qui permet à l'éleveur de s'engager dans ces démarches". Jean-Luc Hardy, le directeur R&D et laboratoire Capinov à Coopagri Bretagne, pousse plus loin le raisonnement. Ce dernier voit à travers la norme Agri Confiance un outil extraordinaire de management. "Cette démarche en amont relie le producteur avec sa coopérative. La stratégie de la qualité est ici évidente".

Des contraintes structurelles

Dans les campagnes, l'effort se poursuit. Christiane Lambert est la vice-présidente de Farre, le Forum de l'agriculture raisonnée. Cette agriculture vise à améliorer un ensemble de pratiques au-delà de la réglementation, avec un suivi des performances économiques et environnementales. "Nous certifions un produit et un process de produit, explique l'agricultrice. Le contenu d'un produit n'est pas seulement organoleptique". La responsable pointe du doigt le manque de soutien et l'incohérence auquel sont confrontés les agriculteurs. "La Bretagne est sous pression. Il faut gérer des effluents, des déchets, produire plus, mieux, mais avec moins ! L'agriculteur demande aujourd'hui des moyens pour y arriver !" En accord avec Jean-Luc Hardy qui travaille dans ce sens. "Nous voulons mettre en place des suivis pour accompagner les adhérents, de façon à minimiser les contraintes".

Pour Jean-luc Fossé, "l'enjeu quantitatif et qualitatif est un atout concurrentiel pour l'agriculture bretonne", conclut le représentant des chambres, qui incite par ailleurs à s'investir et à progresser tous les jours. "Il faut placer les démarches qualité toujours en avant, comme cela se fait dans d'autres régions. Dans ce domaine, les viticulteurs ont de l'avance".

Bertrand Caro

Photo : La conférence les enjeux de la qualité a réuni autour de la table des responsables de la filière agricole. À droite au micro, Jean-luc Fossé. Pour le représentant des Chambres d'agriculture de Bretagne, "les agriculteurs n'ont pas encore pris conscience de l'enjeu de la qualité dans leur démarche". 


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Date de l'article : semaine du N° du 28 Septembre au 5 Octobre 2007
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