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Compostage / Smitom de Launay Lantic - L’usine a un train d’avance
 
Depuis la publication le 28 août dernier de la nouvelle norme "amendement organique" NFU 44 051, les 34 communes du pays du Goëlo peuvent se vanter sans retenue de posséder une usine de compostage des déchets ménagers de référence au niveau national. Launay Lantic est la seule usine en France qui répond aux nouvelles exigences drastiques de cette norme réactualisée. Et ce depuis déjà trois années.

Un pari réussi

Lorsque l’usine de recyclage des déchets du Smitom de Launay Lantic se lance dans la modernisation de son outil en 2004, le pari est alors de produire un compost de qualité irréprochable à partir d’ordures ménagères brutes. Un pari vital pour l’usine qui doit alors sécuriser ses débouchées, les producteurs légumiers du nord des Côtes d’Armor. Ces derniers imposent des normes strictes de qualité sur le futur amendement de leur terre (teneurs en inertes et en métaux lourds minimales). Depuis 2000, le Cerafel est en partenariat avec l’usine de Launay Lantic. "Du gagnant-gagnant" parlent d'une même voix Thierry Burlot, le président du Smitom et Didier Chesnais, responsable environnement au Cerafel. "Les sols en Bretagne s’appauvrissent en moyenne de 2 tonnes d’humus/ ha /an, explique le responsable du Cerafel, entraînant une perte de fertilité par manque de matière organique. Ce compost permet de compenser la perte par un apport agronomique de structure". Vendu 4 euros la tonne, le produit affiné contribue à préserver la qualité des sols en maintenant sa stabilité (sert de liant), en retenant l'eau et les éléments fertilisants.

50% des ordures ménagères valorisées

La norme Cerafel exige des teneurs en métaux lourds et inertes bien inférieures de ce qu’exige la norme NFU. L’obtention d’un tel produit passe inévitablement par le pré-triage à la base. En 1999, les élus des communes entament un long travail de communication en amont sur le tri, un travail qui est toujours en place. "Pour obtenir un compost de qualité, il fallait épurer la poubelle, explique Thierry Burlot. La  campagne de sensibilisation des administrés est indispensable pour l'obtention d'un compost de qualité". Quatre déchetteries réceptionnent les déchetsde 42 000 habitants. Depuis trois années, 13 000 ton-nes/an d’ordures ménagères résiduelles sont acheminées vers le site de Launay Lantic. Ces ordures sont exploitées sur le site de compostage pour le compte de Smitom par une filiale de Veolia Propreté. Les autres déchets (recyclables, encombrants et toxiques) sont acheminés vers des filières de recyclage spécifique, la partie déchets verts (7 000 t., "important dans un espace rural !") étant compostée. Au final, ce sont 50% des ordures ménagères qui sont valorisées. Les 10 000 tonnes de compost d'ordures ménagères produit à l’année sont quasi-entièrement commercialisées et valorisées sur la zone légumière.

Déterrer les anciens casiers

La modernisation du site en 2004 avait atteint 3.7 millions d’euros. Actuellement, l’entreprise est la seule usine en France à respecter les normes NFU, une caution scientifique indispensable qui autorise l’utilisation du compost par la filière agricole. "Les unités de compostage en France ont 18 mois pour réagir", explique Thierry Burlot.

Face au prix du pétrole qui flambe, le futur projet de l’usine s'oriente vers la valorisation des refus et leur transformation sous forme de paillettes ou de boudins. Ces produits seront utilisés pour chauffer des particuliers, des serres ou encore les bâtiments des collectivités. Un partenariat avec une autre usine pourrait voir le jour. "L’usine valoriserait 85 à 90 % des déchets totaux, ce qui serait alors remarquable en France. Dans quelques années, nous déterrerons peut-être les anciens casiers" espère le président. Pendant ce temps, l’usine référence nationale est visitée par de nombreux élus et dernièrement par une délégation régionale. La visite a fait émerger un nouveau projet.

Bertrand Caro

Photo : Le compostage des ordures ménagères passe par différentes étapes : compostage accéléré, affinage et maturation. Une partie est mélangée au compost vert. Les deux composts répondent aux normes imposées par le Cerafel.
 


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Date de l'article : semaine du N° du 28 Septembre au 5 Octobre 2007
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La révolution rurale des années 60





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