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Lapins / Des prix de vente trop bas - Les éleveurs sur tous les fronts
 
Pour sauver le revenu des éleveurs de lapins, les responsables de groupements ont multiplié les contacts durant le Space puis se sont rendus, la semaine dernière, dans les deux abattoirs bretons : Bretagne Lapins à Baud et Loeul et Piriot à Lignol. Il s'agit d'une démarche commune des groupements travaillant en Bretagne.
Désarroi et volonté
Les éleveurs ont manifesté leur désarroi mais aussi leur volonté de sauver le métier, ils ont renouvelé leur appui aux abatteurs face à la grande distribution. "Déjà, le 13 juillet dernier, nous avions alerté les préfectures bretonnes sur les stocks importants de viande congelée et sur la forte hausse des charges opérationnelles auxquelles étaient confrontés les éleveurs", explique Alain Guillotel, président du Gaelap.
"Aujourd'hui, c'est la hausse des matières premières (50 euros d'augmentation par tonne d'aliment), qui pénalise les ateliers. Cette hausse représente 70 % du revenu des éleveurs", estime Philippe Raison, président du Syprolap. En effet, un élevage moyen de 500 cages-mères produit 80 tonnes de lapin vif et consomme 270 t. d'aliment par an. L'indice moyen, de l'ordre de 3,4 est pénalisant par rapport à d'autres espèces. D'ici la fin de l'année, de nouvelles hausses de l'aliment de 25 euros/t. sont prévisibles, ce qui réduirait à néant les revenus, dans le contexte des prix actuels.

La hausse des matières premières

Des réunions de crise ont été provoquées, la semaine dernière, au Clipp (Comité interprofessionnel du lapin) qui réunit éleveurs, abatteurs, fabricants d'aliment, ainsi qu'à la Fenalap (Fédération nationale des éleveurs) pour mettre en place des mesures d'urgence. "L'objectif est de répercuter au consommateur la hausse des matières premières mais uniquement cette hausse, sans application des coefficients de la grande distribution", insiste Alain Guillotel.
En début d'année, la consommation de lapin avait chuté, d'où les stocks de viande congelée. "Fin août, ces stocks se sont réduits et traditionnellement, l'automne se révèle favorable à la consommation de lapins", estime Alain Guillotel qui ajoute. "Dans nos élevages, nous avons fait des efforts, au niveau technique, et nous avons atteint des tailles d'ateliers en cohérence avec une bonne organisation du travail".

Décalages de paiement

"Notre trésorerie est épuisée et des décalages de paiement vont apparaître", estiment les éleveurs qui avaient fixé la fin du mois comme date limite. Un minimum de revalorisation des prix de 20 à 30 ct par kg vif soulagerait momentanément les élevages. L'incidence pour chaque consommateur serait inférieure à 1 euro par an.

Patrick Bégos

Photo : Le Space a été l'occasion, pour Philippe Raison, président du Syprolap et Alain Guillotel, président du Gaelap, (au centre) de nouer des contacts. 


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Date de l'article : semaine du N° du 28 Septembre au 5 Octobre 2007
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